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Généraliste

L’école sonne l’alerte et sauve un jeune « à deux doigts de la mort »

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 18 h

Sa mère plaide coupable et écope de neuf ans de prison pour négligence criminelle..

Alerte scolaire cruciale

En janvier 2026, le directeur d’un établissement scolaire d’Ottawa (Canada) a alerté la police après avoir constaté une détérioration inquiétante de l’état de santé d’un élève de 18 ans. Cet appel a permis de sauver le jeune homme, alors à deux doigts de la mort, selon les termes utilisés par la procureure adjointe du procureur de la Couronne. L’école avait remarqué depuis plusieurs mois une absence répétée de l’élève, une dégradation de son hygiène et des signes de malnutrition. Les enseignants lui donnaient discrètement de la nourriture, car ils soupçonnaient une négligence parentale. Cette intervention illustre le rôle clé que peut jouer une communauté éducative dans la protection des personnes vulnérables, surtout lorsque la victime ne peut pas s’exprimer elle-même.

Conditions de vie extrêmes

Lors de l’intervention policière, les agents ont découvert le jeune homme confiné dans une chambre au sous-sol, partiellement enfermé dans un lit superposé dont l’accès était obstrué par des planches de bois clouées. Son état était dramatique : il était émacié (extrêmement amaigri), couvert d’insectes comme des asticots, et baignait dans une odeur insupportable de décomposition, d’urine et d’excréments. Les médecins ont confirmé qu’il souffrait d’une insuffisance respiratoire due à une faiblesse musculaire extrême, conséquence d’une malnutrition sévère. Son système immunitaire était affaibli, aggravant ses infections et empêchant la cicatrisation de ses plaies. Sans cette intervention, la procureure a estimé qu’il serait probablement décédé, et sa mère aurait pu être accusée de meurtre au premier degré.

Maladie génétique rare

Le jeune homme, aujourd’hui âgé de 19 ans, est né avec une maladie génétique rare qui l’empêche de parler et limite fortement sa mobilité. Il dépend entièrement de ses aidants pour les actes du quotidien, notamment sa mère, qui était légalement tenue de subvenir à ses besoins fondamentaux. Cette dépendance a rendu son cas encore plus critique, car il ne pouvait pas exprimer sa détresse ou demander de l’aide. Malgré cette situation, sa mère l’a confiné et privé de soins essentiels, aggravant son état de santé. Aujourd’hui, même après sa prise en charge médicale, il doit être déplacé à l’aide d’un lève-personne mécanique, signe des séquelles physiques durables de cette négligence.

Négligence criminelle avérée

La mère du jeune homme, âgée d’une quarantaine d’années, a plaidé coupable pour trois chefs d’accusation : négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles, défaut de subvenir aux besoins essentiels de son fils, et négligence envers l’animal de compagnie de la famille (un chat retrouvé mort aux côtés du jeune homme). Le juge a qualifié cette affaire de cas extrême de maltraitance infantile, soulignant que la mère avait failli à son obligation légale de fournir les soins de base. Elle a été condamnée à neuf ans de prison pour les lésions corporelles, cinq ans pour défaut de subvenir aux besoins de son enfant, et douze mois pour la négligence envers l’animal. Elle a également été interdite de contact avec son fils et de posséder un autre animal.

Rôle de la communauté

La communauté scolaire a joué un rôle déterminant dans le sauvetage du jeune homme. Trois membres du personnel ont témoigné devant le tribunal, décrivant leur inquiétude croissante face à son absence, sa détérioration physique et son hygiène négligée. En octobre 2025, ils s’étaient rendus à son domicile, mais la mère avait refusé de les laisser entrer. Leur persévérance a permis d’alerter les autorités au bon moment. Les déclarations des victimes ont révélé leur traumatisme face à cette situation, mais aussi leur attachement profond à cet élève, qu’ils décrivaient comme une présence chaleureuse et inspirante. Leur intuition et leur refus de se taire ont évité une issue tragique.

Ce que ça pourrait changer

Aujourd’hui, le jeune homme a repris ses études et bénéficie d’un suivi médical et social. Cependant, les séquelles de sa malnutrition et de son confinement sont durables : il doit désormais être assisté en permanence pour ses déplacements. Sa mère, incarcérée, suivra un traitement pour ses problèmes psychologiques en prison, dans l’espoir qu’elle puisse un jour être réinsérée sans reproduire de tels actes. Les procureurs ont qualifié cette affaire d’*horrible histoire de négligence*, mais aussi de *résilience et de solidarité communautaire*, soulignant que la communauté a agi comme un filet de sécurité pour une personne vulnérable. Le jeune homme, lui, reste entièrement dépendant de ses aidants pour les actes essentiels.

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