NapseflowNapseflow
Géopolitique

Écofascisme

Le Grand Continent · mis à jour il y a 22 j

Utilisée par un pionnier de l’écologie politique, cette notion est devenue une catégorie clef et ambiguë du tournant vert des extrêmes droites. L’article Écofascisme est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Origine du terme

Le terme écofascisme a été utilisé pour la première fois en 1973 par le philosophe franco-autrichien André Gorz, pionnier de l’écologie politique. Dans un article intitulé « Socialisme ou écofascisme », il désignait ainsi une possible réponse autoritaire du capitalisme face à la crise écologique. Gorz évoquait aussi l’électrofascisme, un concept lié aux contraintes imposées par l’énergie nucléaire, jugée trop risquée. Ces idées s’inscrivaient dans une réflexion plus large sur les dérives possibles des sociétés industrielles. Aujourd’hui, le terme est parfois utilisé pour décrire des mouvements d’extrême droite qui intègrent des discours écologistes, bien que cette association reste débattue parmi les chercheurs.

Définition et débats

Le terme écofascisme est aujourd’hui employé de deux manières : soit comme une auto-désignation par des groupes extrémistes, soit comme une étiquette imposée par des observateurs. Certains chercheurs, comme Fabrice Flipo, critiquent son usage, car il risque de réduire le fascisme à une simple forme d’autoritarisme, alors que ce dernier est un phénomène plus complexe et spécifique. D’autres, comme Balša Lubarda, en font un concept d’analyse valide pour étudier les liens entre extrême droite et écologie. Le débat porte sur la légitimité même du mot écologisme lorsqu’il est associé à l’extrême droite, certains estimant que cela relève du confusionnisme.

Écofascisme et extrême droite

L’extrême droite européenne et néonazie a progressivement intégré des discours écologistes, souvent en les détournant. Par exemple, Brenton Tarrant, auteur de l’attentat de Christchurch en 2019, se revendiquait écofasciste. Ces mouvements mélangent des thèmes comme le rejet de l’immigration, la nostalgie d’un mode de vie rural traditionnel, ou encore des théories néomalthusiennes sur la démographie. Ils prônent une vision autoritaire de la société, où l’ordre naturel primerait sur les libertés individuelles. Ces idées s’appuient sur des références conservatrices, comme le Blut und Boden (sang et sol), un concept nazi valorisant la terre et la race.

Patriotisme vert ou écologique

Le patriotisme vert est un autre concept ambigu, utilisé surtout par des acteurs politiques institutionnels, y compris certains partis de gauche. Il consiste à promouvoir la protection de l’environnement, mais en la limitant à une échelle nationale ou régionale, sans nécessairement soutenir des actions climatiques globales. Par exemple, en France, Yannick Jadot a proposé en 2022 un « pacte de patriotisme écologique ». Ce terme reflète une tension entre l’idée d’écologie universelle et les revendications identitaires ou nationalistes. Il est parfois critiqué pour son manque d’ambition climatique.

Écologie et conservatisme

Certains écologistes, comme Edward Goldsmith (fondateur de la revue The Ecologist), ont défendu des idées à la fois écologistes et conservatrices. Goldsmith prônait un retour à un mode de vie rural, anti-individualiste et antimoderne, tout en rejetant le capitalisme. Ses positions s’inscrivaient dans une vision autoritaire de l’ordre social et incluaient des idées réactionnaires sur la famille ou l’immigration. Ces courants, parfois qualifiés de verts-bruns, ont influencé des mouvements d’extrême droite après la Seconde Guerre mondiale, notamment en France avec des anciens membres de la Waffen-SS.

Nazisme et écologie

Bien que le régime nazi soit surtout connu pour son productivisme écocidaire, certains de ses courants, comme celui de Richard Walther Darré, ont promu des idées écologistes. Darré, ministre de l’Agriculture du Reich, défendait l’agriculture biologique, le végétarisme et un culte de la nature, dans le cadre de sa doctrine du Blut und Boden. Ces idées s’inscrivaient dans une vision racialiste et autoritaire de la société. Après la guerre, des anciens nazis ont contribué à façonner des mouvements écologistes d’extrême droite, notamment en France, où des figures comme Saint-Loup (Marc Augier) ont popularisé des idées suprémacistes liées à la nature.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs chercheurs soulignent les limites du terme *écofascisme*. Daniele Conversi le décrit comme un *« environnementalisme affecté et enrégimenté »*, réduit à une dimension locale et nationaliste, ce qui le rend incompatible avec une vision écologiste universelle. Fabrice Flipo critique aussi l’usage du mot *écologisme* pour qualifier les discours de l’extrême droite, car il brouille les frontières entre des mouvements sociaux pacifiques et des idéologies violentes. Enfin, certains estiment que le fascisme ne peut être réduit à une simple forme d’autoritarisme, ce qui rend le terme *écofascisme* peu précis.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.