Après le Pakistan, l’Ouzbékistan se dote d’avions de combat chinois
L’achat par Tachkent d’appareils chinois témoigne de l’érosion de l’influence russe en Asie centrale. L’article Après le Pakistan, l’Ouzbékistan se dote d’avions de combat chinois est apparu en premier sur Le Grand Continent..
L'Ouzbékistan, pays d'Asie centrale, a officiellement annoncé l'acquisition de 24 avions de combat chinois de type J-10CE, lors des célébrations de son 35e anniversaire d'indépendance le 28 août 2026. Ces appareils, reconnaissables à leurs insignes nationaux, marquent une rupture avec la tradition soviétique de l'armée ouzbèke, qui utilisait jusqu'à présent uniquement des avions hérités de l'URSS. Le J-10CE est une version exportable du J-10C, un avion de combat de génération 4.5, comparable aux appareils occidentaux modernes comme le Rafale français. Le coût total de cette commande s'élève à environ 1 milliard de dollars, incluant l'armement, la formation des pilotes et la maintenance. L'Ouzbékistan devient ainsi le premier pays d'Asie centrale à opérer cet appareil, après le Pakistan qui l'utilise depuis 2025.
Le J-10CE est un avion de combat chinois considéré comme un rival sérieux des appareils occidentaux, notamment du Rafale français. Son prix unitaire est estimé à 50 millions de dollars, soit deux fois moins cher que le Rafale vendu à l'Inde (100 millions d'euros par appareil sans système d'armes). En mai 2025, lors d'un conflit entre l'Inde et le Pakistan, un J-10C pakistanais aurait détruit un Rafale indien, un événement qualifié de moment DeepSeek par les nationalistes chinois, symbolisant une avancée technologique majeure de la Chine. Ces performances, combinées à un coût réduit, en font une alternative attractive pour les pays cherchant à moderniser leur flotte aérienne sans investir des sommes colossales.
L'achat d'avions chinois par l'Ouzbékistan s'inscrit dans une stratégie plus large de la Chine pour étendre son influence en Asie centrale, une région historiquement dominée par la Russie. Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, la Russie voit sa position sur le marché mondial de l'armement s'affaiblir : ses exportations ont chuté de 64 % entre 2021-2025 par rapport à la période 2016-2020. La Chine, en revanche, a enregistré une hausse de ses commandes, avec 90 avions en négociation avancée contre 68 pour la Russie. Moscou ne représente plus que 6,8 % du marché mondial, contre 5,6 % pour Pékin, selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm). Cette dynamique illustre un basculement progressif des alliances militaires en faveur de la Chine dans cette région.
Avant l'achat des J-10CE, l'armée ouzbèke dépendait presque exclusivement des avions soviétiques, comme les MiG-29 ou les Su-25, ce qui maintenait une forte dépendance technologique et logistique envers la Russie. L'arrivée des avions chinois permet à l'Ouzbékistan de diversifier ses sources d'approvisionnement et de réduire cette dépendance. Une flotte de 24 J-10CE pourrait servir de base à la création de nouvelles unités aériennes spécialisées, facilitant la transition vers des équipements plus modernes. Cette décision reflète une volonté de modernisation, mais aussi une stratégie géopolitique pour s'affranchir, en partie, de l'influence russe dans la région.
L'Ouzbékistan n'est pas le seul pays d'Asie à se tourner vers la Chine pour moderniser son aviation militaire. Le Bangladesh serait en train de finaliser un contrat pour l'achat de 20 à 24 *J-10CE*, pour un montant total de 2,3 milliards de dollars (soit environ 115 millions de dollars par appareil, incluant la formation et les infrastructures). Ces contrats montrent une tendance croissante des pays asiatiques à privilégier les équipements chinois, perçus comme plus abordables et technologiquement compétitifs que ceux proposés par les États-Unis ou l'Europe. La Chine devient ainsi un acteur clé sur le marché mondial de l'armement, devant la Russie et talonnant les États-Unis.

