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Retour à l’équilibre : la VGQ compare le plan de Québec aux années Couillard-Leitão

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 j

Le rapport préélectoral d'Eric Girard est « plausible », mais il constitue un « défi exigeant », note-t-elle..

Rapport préélectoral plausible

La vérificatrice générale du Québec (VGQ), Christine Roy, a analysé le rapport préélectoral du ministère des Finances du Québec (MFQ) produit par le ministre Eric Girard. Elle le juge plausible pour les années 2026-2027 à 2028-2029, ce qui signifie que les prévisions financières et les hypothèses retenues sont considérées comme réalistes. Cependant, elle souligne que ce rapport présente un défi exigeant pour le gouvernement, notamment en raison des efforts importants nécessaires pour réduire les dépenses publiques. Le MFQ prévoit une croissance des dépenses passant de 2,5 % en 2027-2028 à seulement 1 % en 2028-2029, un niveau bien inférieur au taux d’inflation prévu de 2 %. Cette situation n’avait pas été observée depuis 2015-2016, lorsque l’inflation était de 1,1 %.

Efforts budgétaires ambitieux

Pour atteindre l’équilibre budgétaire, le MFQ estime que des réductions de dépenses d’au moins 2 milliards de dollars en 2027-2028 et 3 milliards en 2028-2029 seront nécessaires. Ces coupes pourraient avoir des conséquences sur les programmes et services publics, rendant les objectifs budgétaires très ambitieux. Christine Roy précise que 70 % des mesures de réduction devront être mises en place durant les deux dernières années du plan, soit entre 2028-2029 et 2029-2030. Elle évoque un écart à résorber de 1,85 milliard de dollars pour 2028-2029, c’est-à-dire un déficit résiduel à combler avant le retour à l’équilibre budgétaire prévu en 2029-2030. Le MFQ n’a pas précisé comment ces écarts seraient comblés, ce qui pourrait compliquer la planification des partis politiques en campagne électorale.

Défis dans le secteur de la santé

La VGQ met en lumière un manque de financement dans le secteur de la santé et des services sociaux, estimé à 500 millions de dollars en 2027-2028 et 800 millions en 2028-2029. Ce déficit s’explique en partie par le vieillissement de la population, qui augmente les coûts liés aux soins. Christine Roy souligne que les prévisions du MFQ ne prennent pas suffisamment en compte ces besoins croissants. Cette situation pourrait entraîner une détérioration des services publics si les ressources allouées ne sont pas ajustées. Le gouvernement devra donc trouver un équilibre entre la rigueur budgétaire et le maintien de la qualité des services.

Baisse des investissements publics

Le MFQ prévoit une réduction drastique des investissements dans les infrastructures publiques, passant de 19,4 milliards de dollars en 2026-2027 à 15,4 milliards en 2030-2031. Cette baisse intervient alors que la proportion des infrastructures en bon état a diminué, passant de 61 % en 2018-2019 à 54 % en 2026-2027. Le ratio dette/PIB (produit intérieur brut) du Québec s’élevait à 38,1 % en mars 2026, un niveau inférieur à l’objectif de 32,5 % fixé pour 2037-2038. Ces investissements réduits pourraient aggraver la détérioration des infrastructures publiques si aucune mesure corrective n’est prise.

Comparaison avec les années Couillard-Leitão

La VGQ note que les efforts de réduction des dépenses actuels rappellent ceux mis en place entre 2015 et 2016 sous le gouvernement de Philippe Couillard et Carlos Leitão, période marquée par des compressions budgétaires controversées. À l’époque, des chaînes humaines s’étaient formées autour des écoles pour protester contre ces mesures. Christine Roy évite d’utiliser le terme austérité, mais souligne que les défis budgétaires actuels sont similaires en termes d’ampleur et d’impact potentiel sur les services publics. Cette comparaison historique met en lumière la difficulté de concilier équilibre budgétaire et maintien des services essentiels.

Risques externes non inclus

Le rapport préélectoral du MFQ ne prend pas en compte les nouveaux tarifs douaniers imposés par l’administration américaine de Donald Trump, qui pourraient entrer en vigueur en août 2026. Ces droits de douane, s’ils sont appliqués, pourraient perturber l’économie québécoise et exiger des ajustements budgétaires supplémentaires. Christine Roy a mis en garde les partis politiques : si ces tarifs sont mis en place, ils devront revoir leurs prévisions financières et adapter leurs promesses électorales en conséquence. Cette omission dans le rapport souligne l’incertitude économique à laquelle le Québec est confronté.

Amélioration des finances publiques

Malgré les défis, le MFQ indique que les finances du Québec s’améliorent progressivement. Le déficit prévu pour 2026-2027 a été révisé à la baisse, passant de 8,6 milliards de dollars à 7,7 milliards. En excluant la contribution au Fonds des générations, le déficit serait de 5,5 milliards, contre 13,6 milliards initialement estimés. Le ministre Eric Girard a salué cette amélioration, mais la VGQ rappelle que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour atteindre l’équilibre budgétaire. Ces chiffres montrent une tendance positive, mais la marge de manœuvre reste limitée pour les prochaines années.

Ce que ça pourrait changer

Christine Roy critique le MFQ pour avoir exclu les *écarts à résorber* du cadre financier officiel, une pratique qui pourrait créer de la confusion. Ces écarts, estimés à 1,85 milliard de dollars pour 2028-2029, représentent des déséquilibres non comblés dans les prévisions. Le MFQ justifie cette exclusion en arguant que cela évite des compressions inutiles si la situation économique s’améliore. Cependant, la VGQ estime que cette approche nuit à la comparabilité des prévisions et à la clarté pour les utilisateurs du rapport. Cette critique souligne l’importance de la transparence dans la gestion des finances publiques.

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