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Environnement

Canicule : trois réacteurs nucléaires toujours à l'arrêt en France

Reporterre · mis à jour il y a 22 j

Trois réacteurs nucléaires français étaient toujours à l'arrêt le 15 juillet en raison de la canicule et des limites réglementaires encadrant les rejets d'eau chaude dans les cours d'eau. Il s'agit du réacteur n° 2 de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), arrêté depuis le 9 juillet ; du réacteur n° 3 du Bugey (Ain), à l'arrêt depuis le 10 juillet ; et du réacteur n° 2 de Chooz (Ardennes), arrêté depuis le 11 juillet.

Canicule et réacteurs arrêtés

En France, trois réacteurs nucléaires sont toujours à l'arrêt en raison de la canicule qui touche le pays. Ces réacteurs, situés dans les centrales de Golfech (Tarn-et-Garonne), Saint-Alban (Isère) et Bugey (Ain), ont été mis hors service pour respecter les règles de sécurité liées aux températures élevées. En effet, les centrales nucléaires utilisent l'eau des rivières pour refroidir leurs installations. Lorsque cette eau est trop chaude, elle ne peut plus jouer son rôle efficacement, ce qui peut compromettre le bon fonctionnement des réacteurs. Pour éviter tout risque, les autorités imposent alors des limitations ou des arrêts temporaires. Ces mesures visent à protéger à la fois les équipements et l'environnement, notamment les écosystèmes aquatiques qui pourraient être affectés par le rejet d'eau chaude dans les cours d'eau.

Règles de sécurité strictes

Les règles imposées par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un organisme indépendant chargé de contrôler la sécurité des installations nucléaires en France, sont particulièrement strictes en période de canicule. L'ASN fixe des seuils de température maximale pour l'eau rejetée dans les rivières, généralement autour de 28°C pour les centrales situées en bord de fleuve ou de rivière. Lorsque ces seuils sont dépassés, les réacteurs doivent réduire leur puissance ou s'arrêter complètement. Par exemple, à la centrale de Golfech, l'un des trois réacteurs concernés, la température de l'eau du Tarn a dépassé 28°C, forçant son arrêt. Ces règles s'appliquent à l'ensemble des 56 réacteurs nucléaires français, répartis dans 18 centrales.

Impact sur la production électrique

L'arrêt de ces trois réacteurs a un impact direct sur la production d'électricité en France. En temps normal, ces réacteurs produisent ensemble environ 3 000 mégawatts (MW), soit l'équivalent de la consommation électrique de 2 à 3 millions de foyers. Leur mise à l'arrêt réduit donc temporairement la capacité de production du parc nucléaire français, qui représente habituellement entre 60 % et 70 % de l'électricité produite dans le pays. Cette situation peut entraîner une augmentation des importations d'électricité depuis les pays voisins ou une hausse des prix sur le marché de l'énergie. EDF, l'entreprise publique qui exploite les centrales nucléaires en France, a indiqué que ces arrêts étaient temporaires et que les réacteurs pourraient redémarrer une fois les températures redescendues.

Contexte climatique actuel

La canicule actuelle en France s'inscrit dans un contexte de réchauffement climatique global, avec des températures records enregistrées dans plusieurs régions. Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses, ce qui pose un défi croissant pour les centrales nucléaires. Historiquement, ces installations ont été conçues pour fonctionner dans des conditions climatiques moyennes, mais elles ne sont pas adaptées à des températures extrêmes prolongées. Par exemple, en 2003, une canicule avait déjà entraîné des restrictions de production dans plusieurs centrales, et en 2019, des arrêts similaires avaient été observés. Ces événements soulèvent des questions sur la résilience du parc nucléaire français face au changement climatique et sur la nécessité d'adapter les infrastructures à ces nouvelles conditions.

Ce que ça pourrait changer

L'**Autorité de sûreté nucléaire (ASN)** et **EDF** ont réagi à cette situation en soulignant que les arrêts étaient temporaires et conformes aux règles de sécurité. L'ASN a rappelé que ces mesures étaient prises pour garantir la sûreté des installations et la protection de l'environnement. De son côté, EDF a indiqué qu'elle surveillait en permanence les températures des cours d'eau et qu'elle ajustait la production en conséquence. Aucune date précise de redémarrage n'a été communiquée pour les trois réacteurs concernés, mais les autorités ont assuré que les centrales reprendraient leur activité dès que les conditions le permettraient. Aucune conséquence majeure sur l'approvisionnement électrique n'a été signalée pour l'instant.

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