Le pacte de défense de La Mecque crée des remous entre l’Égypte et l’Arabie saoudite
L’Égypte était la grande absente de la signature de l’accord de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Selon certaines sources, c’est Riyad qui n’aurait pas voulu d’une participation du Caire, pour punir le régime d’Abdel Fattah Al-Sissi de son ingratitude.
Le 7 août 2026, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé un accord de défense mutuelle, surnommé le pacte de défense de La Mecque. Cet accord vise à renforcer la coopération militaire entre ces trois pays, notamment en matière de sécurité régionale. La Mecque, ville sainte de l’islam en Arabie saoudite, est souvent utilisée comme symbole pour des initiatives diplomatiques ou militaires impliquant des pays musulmans. Cependant, cet accord a rapidement suscité des tensions, car l’Égypte en a été exclue, ce qui a provoqué des remous entre Le Caire et Riyad. Selon certaines sources, cette exclusion serait une décision délibérée de l’Arabie saoudite, tandis que d’autres estiment que l’Égypte a elle-même choisi de ne pas y participer.
Plusieurs hypothèses expliquent pourquoi l’Égypte n’a pas été invitée à rejoindre le pacte. Selon des anciens hauts responsables saoudiens cités par le site Middle East Eye, l’Arabie saoudite serait de plus en plus frustrée par le gouvernement égyptien du président Abdel Fattah Al-Sissi. Ce dernier ne rendrait pas suffisamment de services à Riyad en matière de sécurité régionale, alors que l’Arabie saoudite avait été le plus grand soutien financier d’Al-Sissi lors de son arrivée au pouvoir en 2013, après un coup d’État. Par ailleurs, les Saoudiens reprocheraient à l’Égypte sa subordination aux Émirats arabes unis, un autre acteur clé de la région, et commenceraient à douter de sa fiabilité comme partenaire stratégique.
Les relations entre l’Égypte et l’Arabie saoudite se dégradent depuis plusieurs années, en raison de divergences stratégiques. L’Égypte, dirigée par Al-Sissi depuis 2014, est un acteur majeur du monde arabe, mais son influence diminue face à la montée en puissance de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Ces deux pays du Golfe, riches en pétrole, cherchent à étendre leur influence politique et militaire dans la région, notamment en soutenant des régimes ou des mouvements qui leur sont favorables. L’exclusion de l’Égypte du pacte de La Mecque pourrait être une manière pour l’Arabie saoudite de marquer son mécontentement et de rappeler au Caire qu’il n’est plus un partenaire incontournable.
Face aux rumeurs de tensions, les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Turquie et de l’Arabie saoudite se sont réunis le 13 août 2026 à El-Alamein, une ville égyptienne, pour une rencontre qualifiée de *fraternelle* par le quotidien *Al-Ahram*. Cette réunion visait à apaiser les tensions et à montrer que les relations entre les trois pays restaient harmonieuses. Cependant, l’absence de l’Égypte du pacte de La Mecque reste un sujet de discorde, et les motivations exactes de son exclusion restent floues. Certains observateurs estiment que l’Égypte a peut-être refusé de signer un accord qui lui aurait donné un *blanc-seing* aux ambitions hégémoniques de l’Arabie saoudite, tandis que d’autres pensent que Riyad a voulu punir Le Caire pour son manque de soutien.

