Sur macOS, ChatGPT sait désormais interagir avec l’application Messages et vos SMS
OpenAI lance un plugin qui permet à l’application ChatGPT sur macOS d’interagir directement avec les messages (iMessage, SMS) de l’utilisateur. Une intégration censée faciliter la vie de l’utilisateur, mais qui ne va pas sans poser de sérieuses questions quant à la confidentialité des données associées.
OpenAI a lancé un plugin optionnel pour macOS qui permet à ChatGPT d’interagir directement avec l’application Messages du système, utilisée pour envoyer et recevoir des messages texte (iMessage, SMS ou RCS) via un iPhone connecté. Ce plugin offre une intégration renforcée, permettant à l’utilisateur de demander à ChatGPT de consulter ses messages, d’en extraire des informations ou de rédiger des réponses. Par exemple, il est possible de demander à l’outil de retrouver une question laissée en suspens dans les messages reçus la veille, puis de préparer une réponse adaptée. Cette fonctionnalité est disponible gratuitement sur macOS, comme l’a confirmé une vérification depuis une machine française. Le plugin s’installe via l’application ChatGPT en mode Codex et nécessite trois autorisations : l’envoi de messages, l’accès aux contacts et l’accès complet au disque (Full Disk Access), ce dernier permettant à ChatGPT de lire les messages archivés sur l’ordinateur.
OpenAI précise que, par défaut, ChatGPT n’envoie un message qu’après validation explicite de l’utilisateur, tant pour le contenu que pour le destinataire. L’utilisateur peut choisir entre trois options : refuser l’envoi, autoriser une seule fois pour un message spécifique, ou donner une autorisation permanente pour une conversation donnée. Cette approche vise à limiter les risques d’envoi non souhaité, mais elle repose sur la confiance accordée à l’outil. OpenAI n’a pas détaillé les mécanismes exacts de traitement des messages par ses serveurs, ni précisé si leur contenu est analysé localement ou transmis à distance. La société a simplement indiqué qu’aucun index centralisé des messages n’est créé, sans pour autant garantir que les données ne transitent pas par ses serveurs lors des requêtes.
L’accès aux messages par ChatGPT soulève des questions majeures concernant la confidentialité, car ces échanges peuvent contenir des informations personnelles sensibles, tant pour l’utilisateur que pour ses correspondants. OpenAI a reconnu que le plugin ne crée pas d’index dédié, mais n’a pas fourni de détails sur les traitements appliqués aux messages lors de leur analyse. ChatGPT lui-même, interrogé sur les risques, a répondu que l’utilisation de ce plugin pouvait exposer à des fuites de données si les messages étaient transmis à ses serveurs. Aucune garantie n’a été apportée quant à la protection des données des tiers impliqués dans les conversations, ce qui soulève des inquiétudes légitimes sur le respect du RGPD (Règlement général sur la protection des données) en Europe.
Ce plugin intervient alors qu’Apple développe sa propre intégration de ChatGPT via Apple Intelligence et Siri, une fonctionnalité officielle et encadrée par des règles strictes de confidentialité. Contrairement au plugin d’OpenAI, cette solution native sur iPhone et macOS est soumise aux normes de protection des données d’Apple, qui limite l’accès aux informations personnelles. OpenAI n’a pas commenté la réaction d’Apple face à cette concurrence, ni les éventuelles tensions entre les deux entreprises. Rappelons qu’Apple a engagé un bras de fer judiciaire contre OpenAI en juillet 2026, accusant le groupe de malversations et de vol de secrets industriels, ce qui ajoute une dimension conflictuelle à cette innovation.
Quelques jours avant l’annonce de ce plugin, OpenAI a introduit une autre fonctionnalité pour macOS appelée *«Computer History»*, qui permet à ChatGPT d’analyser l’historique des actions de l’utilisateur (clics, saisies au clavier, changements d’applications, etc.) pour lui rappeler ce qu’il a fait sur son ordinateur. Cette fonctionnalité, comparée à un *keylogger* (logiciel enregistrant les frappes clavier), suscite des inquiétudes quant à la surveillance des activités numériques. L’application ChatGPT pour macOS avait déjà été critiquée en 2026 pour avoir stocké des données en clair, sans chiffrement, ce qui avait exposé les utilisateurs à des risques de piratage. Ces deux innovations illustrent une tendance d’OpenAI à étendre l’accès de ChatGPT aux données personnelles des utilisateurs, malgré les questions éthiques et légales qu’elles soulèvent.

