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En Russie, les facultés de médecine se vident car aucun diplômé ne souhaite travailler en Sibérie ou au Kamtchatka

Science & Vie · mis à jour il y a 2 j

Les facultés de médecine en Russie font face à un paradoxe : malgré un afflux record de candidatures, les postes d'internat restent vacants. La réforme de 2026, qui oblige les diplômés à travailler dans des régions reculées, n'a pas résolu la pénurie de médecins..

Crise des facultés de médecine

En Russie, les facultés de médecine connaissent un phénomène de désertification : les étudiants en sortent diplômés, mais très peu acceptent de s’installer dans des régions éloignées comme la Sibérie ou le Kamtchatka. Ces deux territoires, situés à l’est du pays, sont réputés pour leur climat extrême, avec des hivers polaires (-50°C) et des étés courts et frais. Les conditions de vie y sont difficiles, avec des infrastructures médicales souvent rudimentaires et un isolement géographique marqué. Les jeunes médecins préfèrent généralement exercer dans les grandes villes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg, où les salaires sont plus élevés et les conditions de travail plus attractives. Cette tendance s’accentue depuis plusieurs années, au point que certaines facultés peinent à recruter des étudiants ou à placer leurs diplômés.

Raisons du déséquilibre

Plusieurs facteurs expliquent ce rejet des régions éloignées par les jeunes médecins russes. D’abord, les salaires y sont bien inférieurs à ceux des grandes métropoles. Par exemple, un médecin généraliste en Sibérie peut gagner environ 30 000 à 50 000 roubles (soit 300 à 500 €) par mois, contre 100 000 à 200 000 roubles (1 000 à 2 000 €) dans les villes occidentales. Ensuite, les conditions de travail sont souvent précaires : manque de matériel médical, hôpitaux sous-équipés, et absence de spécialistes dans certaines disciplines. Enfin, le mode de vie est perçu comme austère, avec peu d’opportunités culturelles ou de loisirs, ainsi qu’un éloignement des familles et des réseaux sociaux. Ces contraintes poussent les diplômés à privilégier des postes dans les zones urbaines, où la qualité de vie est jugée supérieure.

Conséquences pour le système

Cette désertification des facultés de médecine a des répercussions majeures sur le système de santé russe. Dans les régions éloignées, les déserts médicaux se multiplient, avec des zones où l’accès aux soins devient critique, voire impossible. Par exemple, dans certaines villes de Sibérie, il n’y a plus qu’un médecin pour 10 000 habitants, contre une moyenne de 1 pour 300 en Europe. Les patients doivent parfois parcourir des centaines de kilomètres pour consulter un spécialiste, ce qui retarde les diagnostics et les traitements. Cette situation aggrave les inégalités territoriales en matière de santé et menace la couverture médicale de vastes territoires. Les autorités russes tentent de remédier à ce problème, mais les solutions peinent à convaincre les jeunes professionnels.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, les autorités russes explorent plusieurs pistes pour inciter les médecins à s’installer dans les régions éloignées. Parmi les mesures proposées, on trouve des **bonus financiers** pour les médecins qui acceptent de travailler dans ces zones, pouvant atteindre jusqu’à 1 million de roubles (10 000 €) pour les spécialistes. D’autres dispositifs incluent des **logements subventionnés** ou des **aides à l’installation**, comme des prêts à taux zéro pour l’achat d’un bien immobilier. Certaines régions offrent également des **primes de mobilité** pour couvrir les frais de transport ou de déménagement. Cependant, ces incitations restent souvent insuffisantes pour compenser les contraintes liées au mode de vie et aux conditions de travail. Les observateurs soulignent que sans une amélioration globale des infrastructures et des salaires, ces mesures risquent de ne pas suffire à inverser la tendance.

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