Des gilets jaunes aux lycéen.es : une révolution autoritaire
Près de 10 000 interpellations en six semaines, dont une écrasante majorité de mineurs : la répression du mouvement lycéen dépasse en intensité celle des gilets jaunes. Délit de groupement, circulaires de fermeté, loi « casseur-payeur », plateforme de doléances calquée sur le grand débat… le pouvoir rejoue en l’aggravant le scénario de 2018.
L’article décrit une continuité dans la réponse politique française face aux mouvements sociaux, qualifiée de révolution autoritaire. Ce terme désigne ici une rupture dans la gestion des contestations, marquée par une approche répressive plutôt que par le dialogue. L’auteur s’appuie sur la définition du Larousse, qui présente une révolution comme un mouvement de rupture ou un retour périodique à un point central. Dans ce cas, le point central est le soulèvement des classes populaires, auquel le pouvoir répond systématiquement par la répression. Le mouvement des gilets jaunes en 2018-2019 et le mouvement lycéen de 2026 illustrent cette dynamique, où l’État privilégie les mesures policières et judiciaires pour étouffer les revendications.
Depuis septembre 2026, des lycéen.nes de banlieue parisienne, notamment du lycée Saint-Exupéry à Créteil, ont lancé un mouvement de blocage d’établissements scolaires. Ce mouvement s’est étendu à l’ensemble du pays, avec 1 027 établissements bloqués le 1er octobre 2026. Les revendications portent sur des conditions d’études plus dignes : emplois du temps moins chargés, rénovation des bâtiments, garantie des heures de cours, classes moins bondées, et suppression de Parcoursup, le système d’admission post-bac en France. Les lycéen.nes revendiquent également une meilleure égalité sociale et pédagogique entre les établissements. Ce mouvement marque une irruption dans le débat politique, car les lycéen.nes, souvent exclus des décisions, affirment leur capacité à définir ce qui est souhaitable pour leur avenir.
Face à ce soulèvement, le gouvernement français adopte une réponse principalement policière et judiciaire. Le pouvoir, décrit comme enfermé dans une gestion technocratique (basée sur des experts et des données) et austéritaire (réduction des dépenses publiques), refuse d’écouter les revendications. Il craint cependant que le mouvement ne s’étende à d’autres secteurs de la population, déjà touchés par la hausse du prix de l’essence et la stagnation des salaires. Le 17 octobre 2026 est présenté comme un exemple de cette réponse répressive, où la priorité est donnée à la répression plutôt qu’au dialogue. L’auteur souligne que cette approche vise à éviter une contagion des contestations dans un contexte économique difficile.
L’article situe ce mouvement dans le cadre de la présidence d’Emmanuel Macron, qui aurait engagé une *révolution autoritaire* dès le début de son mandat, notamment lors de la crise des gilets jaunes. Le gouvernement prépare alors un budget marqué par des économies massives dans les services publics, ce qui aggrave les tensions sociales. Le mouvement lycéen de 2026 s’inscrit dans cette continuité, où les classes populaires et les jeunes se sentent exclus des décisions politiques. L’auteur, Mattéo Giouse, sociologue et post-doctorant à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, analyse cette dynamique comme une réponse systématique du pouvoir face à la contestation, privilégiant la répression à l’écoute.

