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Élections Québec 2026 : priorité au coût de la vie?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 j

Avec des finances publiques sous pression, les partis doivent trouver une façon de répondre aux attentes..

Coût de vie priorité

Le coût de la vie est la principale préoccupation des Québécois à l'approche des élections de 2026. Selon un sondage réalisé en 2025, jusqu'à 78% des citoyens considèrent que l'augmentation des prix représente un grand ou très grand risque pour leur quotidien. Cette inquiétude s'explique par une inflation persistante depuis 2022, qui a fait grimper les prix de l'alimentation de 24% et ceux du logement de 27% entre janvier 2022 et juillet 2026. Les revenus disponibles des ménages, c'est-à-dire les revenus restants après impôts et prestations sociales, ont diminué ou stagné pour la majorité des Québécois entre 2022 et 2025. Par exemple, dans le premier quintile de contribuables (revenu moyen de 26 000$), le revenu disponible a chuté de 10%, tandis que dans les quintiles intermédiaires, il est resté stable. Seuls les ménages les plus aisés (revenu moyen de 181 000$) ont vu leur revenu disponible augmenter de 10%.

Inflation perçue élevée

Depuis 2023, les Québécois perçoivent une inflation bien plus forte que celle mesurée officiellement. Alors que le taux d'inflation réel au Québec était de 3,3% en juillet 2026, les ménages estiment que les prix augmentent beaucoup plus rapidement. Cette perception négative s'explique par le fait que les hausses de prix touchent des postes de dépenses essentiels comme l'alimentation et le logement, qui ont connu des augmentations bien supérieures à la moyenne. Par exemple, le coût de l'épicerie a bondi de 24% et celui du logement de 27% en quatre ans. Même si l'inflation ralentit, les consommateurs restent pessimistes, car ils comparent leur situation actuelle à celle d'avant 2022, où les prix étaient bien moins élevés.

Guerre commerciale USA

Les tensions commerciales entre le Québec et les États-Unis, sous l'administration Trump, risquent de dominer la campagne électorale. Les tarifs douaniers américains, qui peuvent atteindre 50%, touchent environ 11% des exportations québécoises. En réponse, le Canada a imposé des contre-mesures tarifaires le 8 septembre 2026, après l'entrée en vigueur de droits de douane américains le 22 août. Ces représailles pourraient s'intensifier, selon les déclarations de Jamieson Greer, représentant américain au commerce. Les partis politiques québécois devront donc proposer des solutions pour limiter l'impact de cette guerre commerciale sur l'économie locale, notamment sur les emplois et les entreprises exportatrices.

Croissance économique faible

L'économie québécoise traverse une période de croissance très faible. En 2025, le produit intérieur brut (PIB) n'a progressé que de 0,6%, et les prévisions pour 2026 et 2027 restent modestes, avec une hausse attendue de seulement 0,2% en 2026 et de 0,9% en 2027. Cette situation s'accompagne d'une légère hausse du chômage, passé de moins de 4% à l'automne 2022 à 5,6% en juillet 2026. Cette faiblesse économique limite la marge de manœuvre des partis politiques pour financer des mesures sociales ou économiques, alors que les attentes des citoyens en matière de pouvoir d'achat restent élevées.

Finances publiques fragiles

Les finances publiques du Québec sont sous pression, avec un déficit budgétaire de 7,8 milliards de dollars en 2025-2026 et un déficit prévu de 7,7 milliards pour 2026-2027. Selon la vérificatrice générale Christine Roy, la trajectoire pour revenir à l'équilibre budgétaire est fragile. Cela signifie que le gouvernement pourrait devoir réduire le financement de certains programmes ou activités, ce qui pourrait toucher les bénéficiaires de services publics. La croissance des dépenses publiques sera inférieure à l'inflation attendue, et les revenus autonomes (hors transferts fédéraux) augmenteront moins vite que par le passé. Les partis politiques devront donc trouver un équilibre entre répondre aux attentes des électeurs et éviter d'aggraver le déficit.

Ce que ça pourrait changer

Pour protéger le pouvoir d'achat, les partis politiques pourraient proposer des mesures temporaires, comme des aides financières ou des subventions. Cependant, l'Institut du Québec (IDQ) souligne que ces mesures auront un effet limité sur le revenu disponible des ménages les plus fragilisés. De plus, une fois mises en place, il est difficile de les supprimer sans créer un choc économique et politique. Par exemple, si une aide est retirée, les ménages concernés verront leur revenu diminuer immédiatement, ce qui peut entraîner une perte de confiance dans le gouvernement. Les partis devront donc évaluer soigneusement l'impact à long terme de leurs propositions.

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