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Culture

Tardigrade : petit fait de la résistance

France Culture - Savoirs · mis à jour 21 sept.

Un petit être d’un millimètre peuple les mousses et lichen de notre planète depuis 500 millions d’années. Il est capable de survivre aux rayonnements et aux températures les plus extrêmes, ainsi qu’au vide spatial : comment le tardigrade révolutionne ce que nous pensions possible pour le vivant ?.

Tardigrade, un survivant

Le tardigrade est un minuscule animal d’environ un millimètre de long qui habite les mousses et les lichens depuis environ 500 millions d’années. Il fait partie des plus petits représentants du règne animal, avec près de 1 500 espèces répertoriées dans le monde, bien que leur nombre réel soit probablement plus élevé. Son apparence trapus et griffue cache des capacités de résistance exceptionnelles. Ces organismes sont capables de survivre à des conditions extrêmes, comme des températures très élevées ou très basses, des rayonnements intenses, le vide spatial ou encore des pressions extrêmes, comme celles des abysses océaniques. Une autre particularité remarquable est leur aptitude à se déshydrater totalement pour entrer dans un état de dormance, puis à se réhydrater et reprendre une activité normale lorsque les conditions redeviennent favorables. Cette capacité, appelée cryptobiose, leur permet de survivre pendant des décennies sans eau ni nourriture.

Super-pouvoirs biologiques

Les tardigrades possèdent des mécanismes biologiques uniques qui expliquent leur résistance hors norme. Par exemple, ils peuvent survivre à des doses de rayons X 1 000 fois supérieures à celles mortelles pour un humain. Leur ADN est protégé par des protéines spécifiques qui le maintiennent stable même en cas de stress extrême. De plus, ils peuvent se reproduire de manière asexuée, c’est-à-dire sans partenaire, ce qui leur permet de coloniser rapidement de nouveaux environnements. Ces capacités sont étudiées par des chercheurs comme Simon Galas, professeur de génétique moléculaire et chercheur au CNRS à Montpellier, ainsi que Myriam Richaud, maîtresse de conférence à l’Université de Montpellier et également chercheuse au CNRS. Leurs travaux visent à comprendre comment ces mécanismes pourraient être transposés à d’autres espèces, y compris l’humain, pour améliorer la résistance aux conditions hostiles.

Recherche et applications

Les scientifiques s’intéressent aux tardigrades pour leurs applications potentielles en biotechnologie et en médecine. Leur étude pourrait ouvrir des pistes pour protéger les cellules humaines des radiations, par exemple lors de voyages spatiaux ou de traitements contre le cancer. Un livre intitulé Incroyables tardigrades, coécrit par Myriam Richaud et Simon Galas et publié en 2026 aux Éditions Point Nemo, explore ces questions. Les chercheurs soulignent aussi l’importance de comprendre ces organismes pour mieux appréhender les limites de la vie sur Terre et au-delà. Leur résistance exceptionnelle en fait des modèles d’étude pour la cryptobiose, un phénomène où le métabolisme s’arrête presque complètement, permettant une survie prolongée dans des conditions défavorables.

Ce que ça pourrait changer

Les tardigrades sont présents dans divers écosystèmes, des montagnes aux océans, et leur étude s’inscrit dans un contexte plus large de recherche sur la résilience du vivant. Leur capacité à survivre dans l’espace a été démontrée lors d’expériences menées par des agences spatiales, confirmant leur rôle clé dans l’étude des conditions extrêmes. Les chercheurs français, notamment ceux affiliés au CNRS et à l’Université de Montpellier, jouent un rôle central dans ces avancées. Leurs travaux pourraient, à terme, inspirer des innovations en agriculture, en médecine ou même dans la recherche de vie extraterrestre. L’objectif n’est pas seulement de percer les secrets de ces organismes, mais aussi d’en tirer des leçons pour l’humanité.

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