Le scandale continue à l'IHU de Marseille : un tiers des articles scientifiques publiés par l'institut de Didier Raoult seraient "préoccupant" sur le plan de l'éthique
En médecine, aucune étude sur des patients ne devrait exister sans autorisation ni consentement. Un institut marseillais réputé s'en est pourtant affranchi pendant des années.
Selon une enquête publiée par le magazine Science et Vie, un tiers des articles scientifiques produits par l’IHU Méditerranée Infection (Institut Hospitalo-Universitaire) de Marseille, dirigé par le professeur Didier Raoult, soulèvent des problèmes éthiques majeurs. Ces articles, au nombre de plusieurs centaines, ont été évalués par des experts indépendants qui ont identifié des irrégularités dans leur méthodologie, leur transparence ou leur conformité aux règles déontologiques de la recherche. L’IHU, connu pour ses travaux sur les maladies infectieuses, est au cœur d’une polémique récurrente depuis plusieurs années, notamment pour ses prises de position controversées sur des sujets comme la pandémie de COVID-19.
Les experts ont pointé du doigt plusieurs manquements éthiques dans ces publications. Parmi les principaux problèmes relevés figurent des conflits d’intérêts non déclarés, des manipulations de données ou des biais méthodologiques favorisant des résultats spécifiques. Par exemple, certains articles auraient minimisé les effets secondaires de traitements ou exagéré leur efficacité, sans que ces biais ne soient clairement signalés. Ces pratiques, si elles étaient avérées, pourraient fausser la compréhension des maladies et influencer indûment les décisions médicales ou politiques. L’éthique en recherche scientifique exige une transparence totale sur les méthodes, les financements et les liens entre les chercheurs et les industries pharmaceutiques.
L’IHU Méditerranée Infection, dirigé par Didier Raoult, est un institut de recherche français spécialisé dans les maladies infectieuses, basé à Marseille. Il a acquis une notoriété internationale, notamment pendant la pandémie de COVID-19, grâce à ses travaux sur l’hydroxychloroquine, un traitement controversé promu par Raoult comme efficace contre le virus. Cependant, cette institution est régulièrement critiquée pour son manque de rigueur scientifique et ses prises de position médiatisées, parfois en opposition avec les consensus scientifiques internationaux. Les problèmes éthiques signalés dans ses publications s’ajoutent à une série de polémiques passées, comme des accusations de manque de redevabilité ou de communication trompeuse.
Les révélations de *Science et Vie* ont suscité des réactions dans la communauté scientifique et médicale. Plusieurs chercheurs et institutions ont appelé à une **enquête indépendante** pour évaluer l’ampleur des irrégularités et leur impact sur la crédibilité de l’IHU. Certains articles pourraient être **rétractés** ou corrigés, tandis que d’autres pourraient faire l’objet de sanctions disciplinaires. Didier Raoult, figure centrale de l’institut, n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations. Ces problèmes pourraient aussi affecter le financement public de l’IHU, qui repose en partie sur des subventions de l’État et de l’**ANR** (Agence Nationale de la Recherche), ainsi que sur des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques.

