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Culture

Viol collectif présumé à l’université américaine de Cornell : les Fraternités au cœur de la tourmente

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 2 j

Des rassemblements ont été organisés sur des campus et dans plusieurs communautés de plus de 40 États américains pour dénoncer la gestion par l’université Cornell d’une affaire de viol collectif présumé remontant à 2024..

Affaire de viol présumé

En octobre 2024, une étudiante de l’université Cornell, dans l’État de New York (États-Unis), affirme avoir été victime d’un viol en réunion commis par sept hommes lors d’une soirée organisée dans une Fraternité. La victime, désignée sous le pseudonyme Jane Doe dans les procédures judiciaires américaines, déclare avoir consommé de l’alcool et des drogues avant l’agression. Initialement classée sans suite, sa plainte a été rouverte en 2026, déclenchant une vague de protestations sur le campus et dans plus de 40 États américains. Ces rassemblements dénoncent la gestion de l’affaire par l’université, accusée d’avoir tenté d’étouffer le scandale pour préserver sa réputation et celle des Fraternités.

Rôle des Fraternités

Les Fraternités (Fraternities en anglais) sont des associations étudiantes masculines très répandues dans les universités américaines, souvent désignées par des lettres grecques (par exemple Alpha Phi Alpha ou Sigma Chi). Elles organisent des événements sociaux, mais sont régulièrement pointées du doigt pour des comportements à risque : consommation excessive d’alcool, prise de drogues, bizutage violent ou agressions sexuelles. Selon Paul Ortiz, professeur d’histoire à Cornell, certaines Fraternités fonctionnent comme des gangs, favorisant un climat de violence et de criminalité sur les campus. Ces groupes jouent un rôle économique majeur : ils financent partiellement les universités, ce qui explique pourquoi ces dernières les soutiennent souvent malgré les controverses.

Protestations étudiantes

Le 5 octobre 2026, des centaines d’étudiants de Cornell ont manifesté à Ithaca (New York) pour exiger la fin des Fraternités et une meilleure protection des victimes de violences sexuelles. Ces rassemblements s’inscrivent dans un mouvement plus large aux États-Unis, où des milliers de victimes de violences sexuelles sur les campus restent anonymes (Jane Doe est un nom générique utilisé pour protéger leur identité). Les manifestants dénoncent un système qui protège les agresseurs au détriment des victimes, notamment en raison des liens financiers entre les universités et les Fraternités.

Climat de peur à Cornell

Paul Ortiz, professeur à Cornell, révèle que de nombreux étudiants, anciens élèves et employés ont signalé des cas d’agressions sexuelles sur le campus, souvent étouffés par peur des représailles ou par la réputation de l’université. Il décrit un environnement où les victimes hésitent à porter plainte en raison d’un manque de confiance dans les autorités universitaires. Cette culture du silence, combinée à l’influence des Fraternités, aggrave la situation, selon lui. L’affaire présumée de viol en réunion de 2024 illustre cette dynamique, où la victime a d’abord vu sa plainte classée sans suite avant qu’une enquête ne soit rouverte deux ans plus tard.

Ce que ça pourrait changer

Les *Fraternités* (*Greek life*) représentent un enjeu économique et culturel majeur aux États-Unis. Elles organisent des fêtes, des collectes de fonds et des événements caritatifs, contribuant à l’image des universités. Cependant, leur influence est critiquée pour normaliser des comportements dangereux, comme la consommation d’alcool chez les mineurs ou les pressions sociales exercées sur les nouveaux membres. Une étudiante anonyme de Cornell, interrogée lors des manifestations, souligne que ces groupes créent une dynamique de groupe toxique, où l’appartenance prime sur la sécurité individuelle. Leur pouvoir financier explique en partie pourquoi les universités les tolèrent malgré les scandales répétés.

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