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Le séparatisme albertain et québécois ne fera pas dévier Ottawa de ses projets militaires

Le Devoir · mis à jour il y a 4 j

Le ministre McGuinty ne considère pas l’élection du Parti québécois comme une raison de reporter les investissements..

Investissements militaires en Alberta

Le ministre canadien de la Défense nationale, David McGuinty, a annoncé un plan d’investissement de 8 milliards de dollars en Alberta, une province de l’ouest du Canada. Ces fonds serviront à moderniser les infrastructures militaires locales, notamment pour accueillir les nouveaux avions de chasse F-35 à la Base des Forces canadiennes (BFC) Cold Lake, la plus grande base d’avions de chasse du pays. Parmi les autres projets figurent la construction d’un laboratoire spécialisé dans la défense contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, pour un coût de 750 millions de dollars, ainsi que des travaux de réparation et d’entretien des bases militaires albertaines pour plus de 580 millions de dollars. Ces annonces ont été faites lors d’un discours à Edmonton, capitale de l’Alberta, dans un contexte où cette province envisage un référendum sur son indépendance.

Rôle des avions ravitailleurs

Le ministre McGuinty a également révélé un investissement de 550 millions de dollars pour établir en Alberta la base d’opérations de l’Ouest d’une nouvelle flotte d’avions ravitailleurs CC-330 Husky. Ces avions, conçus pour ravitailler en vol d’autres appareils militaires, sont essentiels pour les missions à longue distance. Bien que l’aéroport international d’Edmonton ait été évoqué comme emplacement possible, le ministre n’a pas précisé où cette base serait finalement installée. Ces avions font partie de la modernisation de la flotte aérienne canadienne, un projet déjà en cours depuis plusieurs années.

Stratégie industrielle de défense

Ces investissements s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie industrielle de défense du Canada, un plan fédéral visant à renforcer les capacités militaires du pays. Le gouvernement canadien a réaffirmé qu’il ne reporterait pas ces projets, malgré l’incertitude politique actuelle au Québec et en Alberta. Le Québec, où le Parti québécois pourrait arriver au pouvoir, et l’Alberta, qui pourrait voter pour son indépendance, sont tous deux confrontés à des débats politiques internes. Pourtant, Ottawa maintient ses échéanciers, comme l’a confirmé McGuinty, qui a déclaré que ces décisions ne seraient pas influencées par ces incertitudes.

Réactions politiques en Alberta

La première ministre albertaine, Danielle Smith, a commenté ces investissements en soulignant leur importance pour la province. Elle a cité un rapport de l’Université de Calgary, commandé par le gouvernement albertain, qui estime que l’indépendance coûterait jusqu’à 25 milliards de dollars à la province pour assumer seule les obligations actuelles du Canada envers l’OTAN (l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, une alliance militaire regroupant plusieurs pays occidentaux). Smith a utilisé ces annonces pour rappeler la valeur du partage des compétences au sein du Canada et l’importance de préserver les institutions fédérales existantes, comme celles liées à la défense nationale.

Ce que ça pourrait changer

Le discours du ministre McGuinty était marqué par un appel à l’unité nationale et au patriotisme canadien. Il a évoqué la *Confédération* (la création du Canada en 1867) et le rôle historique de l’Alberta dans les deux guerres mondiales pour justifier ces investissements. McGuinty a nié que sa visite visait à influencer le référendum albertain, qualifiant le moment de son annonce de *fortuit*. Cependant, il a reconnu vouloir promouvoir l’idée que le Canada est plus fort uni, notamment en matière de défense. Il a insisté sur l’importance de préserver les institutions fédérales, comme la base de Bagotville au Québec, malgré les changements politiques possibles dans cette province.

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