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Culture

« Kraken » : un film de frousse redoutablement efficace

Trois Couleurs · mis à jour 28 sept.

Premier long métrage d’un duo de jeunes réalisateurs enthousiastes et inventifs, « Kraken » s’affiche comme la très bonne surprise chair de poule de cette rentrée. Un slasher urbain aussi efficace que malin..

Premier film des réalisateurs

Le film Kraken est le premier long métrage réalisé par Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes, deux jeunes cinéastes français. Ces derniers avaient auparavant travaillé ensemble sur la série de comédie musicale ReuSSS en 2022. Kraken marque donc leur transition vers le cinéma de genre, en l'occurrence l'horreur, avec un film classé dans la catégorie des slashers (un sous-genre de l'horreur caractérisé par un tueur qui élimine méthodiquement ses victimes, souvent dans un cadre isolé ou urbain). Le duo de réalisateurs s'inscrit ainsi dans une tendance récente du cinéma français, qui prouve sa vitalité en produisant des films de genre aussi percutants que ceux des États-Unis, comme l'illustrent les succès précédents Vermines et Vincent doit mourir.

Synopsis et cadre du film

Kraken raconte l'histoire de cinq jeunes gens piégés dans une tour abandonnée située dans une cité de banlieue. Leur isolement est brutalement interrompu par l'arrivée d'un tueur masqué, dont les méthodes sont particulièrement violentes et expéditives. Le film s'inspire de plusieurs références cinématographiques, notamment La Tour (un film d'horreur français de 1987) et la série britannique Top Boy (qui aborde la vie dans les quartiers défavorisés de Londres). Cependant, Kraken se distingue en refusant de se cantonner à une seule catégorie de genre, mêlant des éléments de slasher, de jump scare (techniques de surprise visuelle ou sonore pour faire sursauter le spectateur) et de grand-guignol (style théâtral et sanglant, souvent exagéré). Le cadre urbain de la banlieue, plus précisément la cité de la Grande Borne à Grigny, joue un rôle central dans l'intrigue et devient un personnage à part entière.

Thèmes sociaux contemporains

Au-delà de son aspect horrifique, Kraken intègre des réflexions sur des enjeux sociaux actuels. Le film aborde notamment les violences policières, la ghettoïsation des cités et l'abandon des quartiers défavorisés par les institutions. Le tueur du film, doté d'un équipement rappelant celui d'un véhicule de police (CRS pour Compagnies républicaines de sécurité, une unité de maintien de l'ordre en France), symbolise cette violence institutionnelle. Les réalisateurs explorent également l'impossible dialogue entre les forces de l'ordre et les jeunes des cités, un thème qui reflète des tensions récurrentes en France. Cependant, le film évite les discours trop explicites pour privilégier une approche centrée sur l'efficacité narrative, typique des films d'horreur, tout en mettant en lumière un lieu de tournage emblématique, la Grande Borne, qui gagne ainsi une reconnaissance dans le paysage cinématographique du genre.

Ce que ça pourrait changer

*Kraken* est salué comme une excellente surprise de la rentrée cinématographique, notamment pour son efficacité en tant que film de *frousse* (terme familier désignant un film d'horreur ou de suspense destiné à faire peur). Les réalisateurs jouent avec les codes du genre, en utilisant une variété de techniques horrifiques pour maintenir la tension. Leur approche inventive, combinée à un cadre réaliste et contemporain, permet au film de se démarquer des productions américaines souvent citées comme références. La critique souligne également la qualité du lieu de tournage, la cité de la Grande Borne, qui est présentée comme l'un des plus beaux décors du genre. Enfin, le film est perçu comme une preuve supplémentaire que le cinéma français de genre peut rivaliser avec les productions internationales, tout en apportant une perspective locale et sociale.

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