NapseflowNapseflow
Culture

"Bismillah c'est les ténèbres"

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 16 j

Une lycéenne, un lycéen et une mère d’élève racontent la façon dont les policiers et leurs indicateurs tentent d’infiltrer Snapchat et les réseaux des élèves mobilisés. Et comment ils se font démasquer en un tournemain….

Infiltration policière

Des policiers utilisent les réseaux sociaux, notamment Snapchat, pour infiltrer les groupes de lycéens mobilisés lors de blocus. Ils se font passer pour des jeunes en adoptant un langage et des codes qui leur sont étrangers, comme des fautes d’orthographe volontaires ou l’utilisation de termes comme « keufs » (argot pour désigner les policiers) ou « DZ » (abréviation familière pour désigner une personne d’origine algérienne). Ces méthodes visent à recueillir des informations sur les organisateurs des mobilisations ou à inciter les lycéens à commettre des actes répréhensibles. Les policiers n’hésitent pas à menacer les jeunes, comme dans le cas de Farzat, 15 ans, à qui un policier a écrit : « Ferme ta gueule, je ne suis pas seul, tu verras, je vais te retrouver avec ton Snapchat ». Ces pratiques sont dénoncées comme racistes et stigmatisantes, car elles reposent sur des stéréotypes selon lesquels les lycéens mobilisés seraient majoritairement arabes ou noirs.

Réactions des lycéens

Les lycéens démasquent rapidement les policiers infiltrés grâce à des vidéos de prévention diffusées sur TikTok. Ces vidéos expliquent comment repérer les faux profils : langage artificiel, incohérences dans les messages, ou utilisation de symboles comme des drapeaux algériens associés à des propos violents. Badis, 16 ans, a reçu un message d’un profil prétendant être un lycéen algérien, mais a immédiatement identifié la supercherie en raison de la maladresse du langage. Malgré cela, les policiers n’hésitent pas à recourir à des insultes racistes, comme « Fils de pute, je vais te tuer, toi et tous tes p'tits potes, les Arabes de merde », adressées à Badis après qu’il a refusé de l’ajouter à un groupe de discussion. Ces échanges révèlent une violence verbale et une volonté de discréditer les mobilisations lycéennes, perçues comme une menace par les forces de l’ordre.

Violence policière

Les témoignages de Farzat et Badis illustrent une violence policière systémique lors des blocus. Farzat a été témoin de l’agressivité d’un policier qui a gazé, étranglé et frappé un élève sous ses yeux, avant de lui dire « que j'étais conne de faire un blocus et qu'on était tous cons et qu'on n'avait pas le droit à la parole ». Badis dénonce des policiers qui « prennent du plaisir à taper les lycéens » et considère que ces violences sont un « fantasme » pour certains agents. Les lycéens soulignent l’impunité dont bénéficient les policiers : « Ils n'attendaient que ça. [...] Et on sait qu’ils seront jamais jugés, qu’ils n'auront jamais rien comme sanction. » Cette impunité contraste avec la répression immédiate subie par les jeunes, comme un lycéen qui « brûle une poubelle pour se faire entendre » et se retrouve rapidement devant la justice.

Infiltration et pièges

Les policiers ne se contentent pas de recueillir des informations : ils tentent aussi de piéger les lycéens en les incitant à commettre des actes illégaux. Emma, mère de trois filles, a lu des échanges où des policiers infiltrés poussaient les jeunes à casser ou à agresser des agents. Si les lycéens répondent à ces provocations, ces échanges peuvent être utilisés contre eux lors d’interpellations. Emma rappelle que ces méthodes d’infiltration ne sont pas nouvelles, mais qu’elles sont particulièrement choquantes dans le contexte des blocus lycéens, qui sont des mouvements de protestation pacifiques. Elle cite les propos de Laurent Nuñez, alors secrétaire d’État chargé de la citoyenneté, qui parlait des lycéens « comme si c'étaient des groupes armés qui venaient commettre des exactions sur la population », une rhétorique qui, selon elle, alimente la peur et la violence institutionnelle.

Réactions des adultes

Emma, mère de trois filles dont une lycéenne, dénonce une société qui « déteste les enfants » et qui nie leurs revendications légitimes. Elle s’indigne de la violence verbale et physique subie par les jeunes, ainsi que de l’absence de sanctions contre les policiers responsables. Pour elle, les lycéens sont les seuls à alerter les adultes sur les dysfonctionnements de la société : « Heureusement que les jeunes sont là pour nous alerter et nous dire ‘Ça suffit, ressaisissez-vous!’ ». Elle appelle à une remise en question collective de la violence institutionnelle et à une meilleure écoute des revendications des jeunes, qui luttent pour des conditions d’étude décentes et le droit à s’exprimer.

Ce que ça pourrait changer

Les blocus lycéens de 2026 s’inscrivent dans un contexte de tensions sociales et de répression accrue des mouvements de protestation. Les méthodes d’infiltration policière sur les réseaux sociaux, comme celles décrites dans l’article, visent à démanteler ces mobilisations en ciblant leurs organisateurs. Cependant, ces pratiques soulèvent des questions éthiques et juridiques, notamment sur l’utilisation de faux profils et la manipulation des jeunes. Les témoignages recueillis par *France Culture* montrent que ces méthodes, loin de calmer les tensions, les exacerbent en alimentant un sentiment d’injustice et de mépris de la part des institutions. Les lycéens et leurs familles dénoncent une société qui criminalise la jeunesse et nie ses droits fondamentaux.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.