Un Ukrainien soupçonné d’avoir saboté les gazoducs Nord Stream arrêté en Croatie
Mercredi 19 août, le parquet fédéral allemand a annoncé qu’une personne soupçonnée d’avoir pris part au sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022 a été arrêtée en Croatie. Il pourrait s’agir du même suspect ukrainien qui avait déjà été arrêté puis relâché en Pologne l’année dernière..
Un Ukrainien, Volodymyr Zhuravlyov, a été arrêté en Croatie le 19 août 2026. Il est soupçonné d'avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022, en tant que plongeur faisant partie d'un commando. Ce gazoduc, situé en mer Baltique, était un pipeline essentiel pour le transport de gaz naturel entre la Russie et l'Allemagne. Son sabotage avait provoqué d'importantes fuites de gaz et créé une crise énergétique en Europe. L'Allemagne, pays directement concerné par cet événement, a mené l'enquête et émis un mandat d'arrêt international contre ce suspect.
Les gazoducs Nord Stream sont deux pipelines sous-marins reliant la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique. Le premier, Nord Stream 1, a été mis en service en 2011, et le second, Nord Stream 2, en 2021. Ces infrastructures permettaient à l'Allemagne d'importer environ 55 milliards de mètres cubes de gaz russe par an, soit près de la moitié de ses besoins en gaz. Leur destruction le 26 septembre 2022, attribuée à une explosion, a provoqué une crise majeure dans l'approvisionnement énergétique européen. La Russie et l'Ukraine avaient été initialement pointées du doigt, avant que les enquêtes ne se concentrent sur des acteurs ukrainiens.
Selon les enquêtes allemandes, le sabotage aurait été commis par un commando de plongeurs ukrainiens. Ces derniers auraient placé des explosifs sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2, situés à plus de 80 mètres de profondeur. Les plongeurs, formés et équipés pour des missions sous-marines, auraient agi de manière coordonnée pour provoquer les explosions. Serhiy Kuznietsov, un militaire et ancien agent du renseignement ukrainien, aurait dirigé cette opération. Il a été mis en examen en juillet 2026 pour crime de guerre.
L'arrestation de Volodymyr Zhuravlyov en Croatie relance les tensions entre l'Allemagne et l'Ukraine. En 2025, un tribunal polonais avait refusé d'extrader un autre suspect ukrainien, arguant que l'Allemagne n'avait pas compétence dans cette affaire et que l'action pouvait être considérée comme une mesure de défense légitime dans le cadre de la guerre en Ukraine. Cette décision avait déjà créé des frictions entre les deux pays. L'Allemagne, qui considère le sabotage comme un crime, maintient sa position et poursuit ses investigations.
Volodymyr Zhuravlyov avait été arrêté une première fois en Pologne en 2025, avant d'être libéré faute de base juridique pour son extradition. Il aurait ensuite voyagé en Europe du Sud, où il aurait été repéré en Croatie. Selon la BBC, il se trouvait dans ce pays pour participer à un tournage documentaire sur le sabotage des gazoducs Nord Stream, ce qui ajoute une dimension ironique à son arrestation. Les médias soulignent que son arrestation intervient alors qu'il profitait de vacances ou d'activités personnelles dans une région réputée pour son climat ensoleillé.
L'Allemagne a émis un mandat d'arrêt européen contre Volodymyr Zhuravlyov, accusé de participation à un sabotage ayant causé des dommages estimés à plusieurs milliards d'euros. Les gazoducs Nord Stream représentaient un investissement de plus de 10 milliards d'euros pour la Russie et ses partenaires européens. La justice allemande qualifie ces actes de crime de guerre, bien que le sabotage ait eu lieu en temps de paix relatif. Cette qualification juridique soulève des questions sur la définition des conflits hybrides et des actions militaires en dehors des zones de guerre traditionnelles.
L'arrestation de Volodymyr Zhuravlyov a suscité des réactions contrastées. La BBC et d'autres médias internationaux soulignent que cette affaire a *tendu les relations entre Kiev et Berlin*, deux pays alliés dans le soutien à l'Ukraine contre l'invasion russe. La Pologne, qui avait refusé d'extrader un suspect en 2025, se retrouve au cœur des débats sur la souveraineté judiciaire et la coopération européenne. La Croatie, où l'arrestation a eu lieu, n'a pas encore réagi officiellement, mais cette affaire pourrait relancer les discussions sur la sécurité des infrastructures énergétiques en Europe.

