Le régime iranien craint un nouveau mouvement de protestation
La stratégie de pression économique américaine va-t-elle faire plier Téhéran ? L’article Le régime iranien craint un nouveau mouvement de protestation est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Les États-Unis appliquent une stratégie de pression économique renforcée contre l’Iran, principalement sous forme de sanctions et d’un blocus maritime. Ces mesures visent à affaiblir l’économie iranienne en limitant ses exportations, notamment de pétrole, et en perturbant ses importations de biens essentiels. Le blocus maritime empêche l’Iran d’exporter environ 15 millions de litres d’essence par jour, alors que sa demande quotidienne s’élève à 135 millions de litres. Cette pression s’ajoute aux conséquences d’une guerre de 12 jours menée en juin 2025 par Israël et les États-Unis, qui a endommagé les infrastructures énergétiques et routières du pays. L’objectif américain est d’inciter le régime iranien à négocier ou à modifier ses politiques, mais cette stratégie risque aussi d’aggraver les difficultés économiques internes et de provoquer des tensions sociales.
L’économie iranienne traverse une crise majeure en 2026, marquée par une inflation dépassant les 80 %, contre 42 % en moyenne en 2025. Les produits de première nécessité, comme l’essence ou les médicaments, deviennent inabordables pour les classes moyennes et populaires. Le pays, qui est normalement un exportateur net de pétrole, souffre d’un déficit de carburant en raison des sanctions et des bombardements. Le prix de l’essence en Iran reste parmi les plus bas au monde grâce à un système de subventions : entre 0,7 et 2,3 centimes d’euro le litre (15 000 à 50 000 rials). Cependant, les files d’attente pour se procurer du carburant s’allongent, et le régime envisage de réduire ces subventions pour limiter l’impact sur le budget national. Cette situation rappelle celle de 2019, où une hausse du prix de l’essence avait déclenché des manifestations massives.
Face à la crainte d’un nouveau mouvement de protestation, le régime iranien a ordonné à ses forces de sécurité et à son système judiciaire de se préparer à une répression accrue. Gholamhossein Mohseni Ejeï, chef du système judiciaire, a déclaré que les services de renseignement, de sécurité et les forces de l’ordre étaient « à leur plus haut niveau de préparation ». Il a demandé aux procureurs de coordonner leurs actions avec ces services pour « renforcer la sécurité publique » et agir avec « une plus grande fermeté » contre toute tentative de déstabilisation. Cette escalade répressive vise à dissuader les Iraniens de manifester, alors que la situation économique se dégrade et que les tensions sociales s’intensifient.
Le régime iranien est divisé sur la question du prix de l’essence, un sujet hautement sensible. Le vice-président exécutif, Mohammad Jafar Ghaempanah, a évoqué un plan pour « réformer le prix de l’essence », jugeant la tarification actuelle injuste envers les Iraniens qui ne possèdent pas de voiture. Cependant, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a affirmé qu’aucun changement ne serait apporté aux quotas d’essence avant fin septembre 2026. Cette division illustre les hésitations du régime, qui craint à la fois une aggravation de la crise sociale et un effondrement de son budget. La hausse du prix de l’essence avait déjà provoqué des émeutes en 2019, et le gouvernement cherche à éviter une répétition de ces événements.
En janvier 2026, l’Iran a connu une violente répression de manifestations populaires, faisant plus de 30 000 victimes selon certaines estimations. Ces protestations étaient liées à la dégradation de la situation économique, aggravée par les sanctions internationales et la guerre de juin 2025. Aujourd’hui, le régime craint que la pression économique américaine ne ravive ces troubles. Les forces de sécurité et les services de renseignement sont donc en alerte maximale pour prévenir tout nouveau soulèvement. Le contexte est d’autant plus tendu que l’inflation, les pénuries et la baisse du pouvoir d’achat alimentent un mécontentement croissant parmi la population, notamment les classes moyennes et populaires.

