Un Ukrainien soupçonné d’avoir saboté les gazoducs Nord Stream arrêté en Croatie
L’arrestation en Croatie d’un Ukrainien soupçonné d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022 relance les tensions autour d’un dossier qui a empoisonné les relations entre Berlin et Kiev. Alors que l’Allemagne durcit son approche en qualifiant l’acte de crime de guerre, la Pologne avait précédemment rejeté les poursuites, illustrant les divergences européennes sur la légitimité des méthodes de guerre ukrainiennes. Ce rebondissement judiciaire interroge la stratégie de l’Ukraine face à la Russie et les limites de l’impunité dans un conflit où chaque camp instrumentalise les infrastructures énergétiques.
Quels sont les faits reprochés au suspect arrêté en Croatie ?
Volodymyr Z. (ou Volodymyr Zhuravlyov, selon les sources) est soupçonné d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022 en tant que plongeur, aux côtés d’un commando dirigé par Serhiy Kuznietsov, un militaire et ex-agent du renseignement ukrainien déjà mis en examen pour crime de guerre par l’Allemagne. Les enquêtes allemandes et britanniques pointent son implication directe dans les explosions sous-marines ayant endommagé les pipelines.
Pourquoi cette arrestation ravive-t-elle les tensions entre l’Ukraine, l’Allemagne et la Pologne ?
L’Allemagne considère le sabotage comme un crime de guerre, justifiant des poursuites judiciaires, tandis que la Pologne avait refusé d’exécuter un mandat d’arrêt européen en 2025, arguant que la destruction de Nord Stream relevait d’une action justifiée dans le cadre d’une guerre défensive pour l’Ukraine. Ce désaccord judiciaire reflète des visions opposées sur la légitimité des méthodes de guerre et la souveraineté des infrastructures critiques en temps de conflit.
Quel rôle a joué la justice polonaise dans cette affaire avant l’arrestation en Croatie ?
Un tribunal polonais avait rejeté en 2025 l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne contre Volodymyr Z., estimant que Berlin n’avait pas compétence pour juger cet acte. Cette décision avait provoqué des tensions avec l’Allemagne et révélé les clivages au sein de l’UE sur la manière de traiter les actions ukrainiennes contre les infrastructures russes, perçues comme des cibles légitimes par certains États membres.
Pourquoi le suspect se trouvait-il en Croatie au moment de son arrestation ?
Selon la Süddeutsche Zeitung, Volodymyr Z. aurait été interpellé sur la côte adriatique, où il participait à un tournage documentaire sur le sabotage des gazoducs Nord Stream, une ironie du sort qui souligne l’ambiguïté de son statut : à la fois acteur et témoin d’un événement qu’il est accusé d’avoir commis.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire pourrait fragiliser davantage les relations germano-polonaises et compliquer la coordination européenne sur le soutien à l’Ukraine, alors que Berlin durcit son discours sur la nécessité de respecter le droit international. Elle interroge aussi la crédibilité des enquêtes sur les sabotages énergétiques, souvent entravées par des divergences politiques entre alliés. Enfin, elle pourrait servir de prétexte à Moscou pour renforcer son narrative sur l’Ukraine comme État terroriste, tout en alimentant les débats sur la légitimité des actions clandestines en temps de guerre.

