Zelensky face aux épreuves
Les chefs de guerre sont rarement récompensés pour leurs efforts, même ceux qui gagnent..
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky fait face à une situation extrêmement complexe depuis le début de la guerre en 2022. Son rôle de chef de guerre est particulièrement difficile, car il doit gérer un conflit prolongé avec des moyens limités et en dépendant largement de l’aide internationale. Cette position est comparable à celle du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, comme le montre le film La bataille de Gaulle. Malgré son soutien populaire en Ukraine et en Occident, Zelensky doit désormais affronter un mécontentement croissant de la population, exacerbé par les bombardements russes incessants, les pénuries, les recrutements forcés et des affaires de corruption qui sapent la confiance dans son leadership. Ces défis illustrent la pression extrême exercée sur un dirigeant en temps de guerre.
Les tensions au sein de la société ukrainienne se sont intensifiées après près de cinq ans de conflit. Une crise politique majeure a éclaté lorsque l’ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov a osé remettre en cause le leadership de Zelensky en réclamant des élections, malgré la prolongation de la guerre. Fedorov a suggéré qu’un scrutin pourrait être organisé même « en pleine guerre prolongée », une proposition que les observateurs jugent irréaliste. En effet, des millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur du pays ou réfugiés à l’étranger, rendant l’organisation d’élections extrêmement complexe. Zelensky a rejeté cette idée, déclarant qu’un tel scrutin « serait un tsunami qui fracturerait l’Ukraine ». Cette crise illustre les divisions profondes au sein du pays et la pression accrue sur le président.
Un autre coup dur pour Zelensky est venu du général Valeri Zaloujny, ancien chef d’état-major et figure très populaire en Ukraine. Dans une tribune publiée en juillet 2026 dans le quotidien britannique The Daily Telegraph, il a mis en garde contre l’illusion d’une victoire ukrainienne, affirmant que « les conclusions sur une défaite de la Russie sont une illusion ». Il a souligné que la situation sur le front est dans une impasse et que la Russie conserve des avantages significatifs, notamment en termes de main-d’œuvre et de capacité industrielle, notamment pour la production de missiles balistiques. Bien que l’armée ukrainienne fasse preuve d’innovation et de résilience grâce à l’aide occidentale, ces déclarations ont semé le doute sur les perspectives de victoire et ont affaibli le moral des Ukrainiens et des militaires.
La corruption au sein des institutions ukrainiennes, en particulier dans le domaine de la Défense, aggrave les difficultés du pays. Un scandale récent révélé par le New York Times en septembre 2026 concerne la gestion des approvisionnements militaires, avec des dizaines de millions de dollars détournés ou mal gérés. Ce scandale survient alors que Zelensky effectue une tournée auprès de ses alliés pour solliciter davantage d’aide financière. D’autres affaires de corruption ont déjà touché des employés du bureau du président, sapant la crédibilité du gouvernement. Ces dysfonctionnements, combinés aux tensions internes, créent un climat de défiance et compliquent la gestion de la guerre.
La violence et les luttes de pouvoir au sein des services de sécurité ukrainiens ont atteint un niveau alarmant. Le 2 septembre 2026, une fusillade a éclaté en plein centre de Kiev entre des agents du service de sécurité d’Ukraine (SBU) et des hommes d’une unité spéciale du renseignement militaire ukrainien. Cet incident a fait plusieurs blessés et a révélé des liens troubles avec des services russes, ainsi que des agissements d’une unité spéciale dirigée par une figure influente du milieu néonazi européen. Les enquêtes en cours visent à éclaircir les causes de cet événement, qui illustre les divisions internes et les dangers liés aux rivalités entre services de renseignement.
Zelensky a prévenu que l’hiver 2026-2027 s’annonce particulièrement difficile pour l’Ukraine. Les bombardements russes ont détruit la quasi-totalité des centrales thermiques du pays, rendant la production d’électricité extrêmement précaire à quelques mois de l’hiver. Parallèlement, la Russie mène une campagne ciblée contre les ports ukrainiens de la mer Noire, paralysant le commerce céréalier et privant l’Ukraine de revenus essentiels. Ces deux facteurs combinés menacent de plonger le pays dans une crise humanitaire et économique, aggravant les difficultés déjà existantes. La situation rappelle les défis énergétiques et logistiques auxquels l’Ukraine a dû faire face lors des hivers précédents.
L’article souligne que les chefs de guerre victorieux sont rarement récompensés par la suite. L’exemple du général de Gaulle, qui a quitté le pouvoir deux ans après la Libération de la France en 1945, illustre cette réalité. De même, Winston Churchill a été battu aux élections quelques semaines après la victoire des Alliés en 1945. Pour Zelensky, les épreuves s’accumulent et la question de sa capacité à résister longtemps à ces pressions se pose. Son mandat, qui aurait dû se terminer il y a deux ans, a été prolongé en raison de la guerre, mais les défis actuels remettent en cause sa légitimité et sa popularité.

