Les adolescents canadiens ne bénéficieront pas des mesures antidépendance de Meta
Meta s'est entendue en cour avec une quarantaine d'États américains pour brider ses applications..
Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, a conclu un accord avec une quarantaine d'États américains pour mettre fin à des poursuites judiciaires. Cet accord prévoit que Meta paie jusqu'à 16,7 milliards de dollars américains, soit environ 23 milliards de dollars canadiens, en échange de contraintes imposées à ses plateformes pour les adolescents. Parmi ces mesures figurent une limitation de l'accès à deux heures par jour, un blocage total des applications la nuit, la suppression des notifications pendant les heures de cours en semaine, et un renforcement des vérifications d'âge. Ces changements ne concernent que les États-Unis et ne créent aucun précédent juridique ailleurs. Un porte-parole de Meta a confirmé que ces modifications ne s'appliqueront pas au Canada. L'accord doit encore être validé par une juge fédérale en Californie et ne constitue pas une reconnaissance de responsabilité de la part de Meta.
Le gouvernement fédéral canadien a déposé en juin 2024 un projet de loi sur la sécurité numérique visant à protéger les jeunes Canadiens. Cette loi obligerait les plateformes de réseaux sociaux, comme Meta, Snapchat, TikTok ou YouTube, à bloquer l'accès aux utilisateurs de moins de 16 ans. Cependant, les entreprises pourraient demander une exemption si elles mettent en place des mesures de sécurité jugées suffisantes par une nouvelle entité réglementaire indépendante, la Commission canadienne de la sécurité numérique. Cette commission serait créée dans les 18 mois suivant l'adoption de la loi, qui pourrait entrer en vigueur à l'automne 2025 au plus tôt. Le projet de loi vise à encadrer l'utilisation des réseaux sociaux par les jeunes, mais les détails des mesures de sécurité acceptables ne sont pas encore précisés.
Les mesures annoncées par Meta aux États-Unis sont temporaires et spécifiques à ce pays, tandis que le Canada adopte une approche plus stricte avec une interdiction d'accès aux moins de 16 ans, sauf exemption. Meta et d'autres plateformes pourraient voir leurs contraintes s'alourdir aux États-Unis si Snapchat, TikTok et YouTube acceptent des règles similaires, comme une limitation à une heure par jour et un blocage entre 22 heures et 7 heures. Au Canada, la future Commission canadienne de la sécurité numérique aura pour mission de définir les critères permettant aux entreprises d'obtenir une exemption. Cette différence d'approche reflète les priorités distinctes des deux pays en matière de protection des jeunes en ligne.
Au Canada, le projet de loi sur la sécurité numérique s'inscrit dans un contexte où les préoccupations concernant l'impact des réseaux sociaux sur les jeunes sont croissantes. Le gouvernement fédéral souhaite encadrer l'accès des mineurs à ces plateformes pour limiter les risques de dépendance et de cyberharcèlement. Cependant, certains acteurs politiques, comme le premier ministre de la Saskatchewan *Scott Moe*, ont exprimé des réserves sur ce projet. Les jeunes Canadiens ont également réagi à cette proposition, bien que les détails de leurs opinions ne soient pas précisés dans l'article. La *Commission canadienne de la sécurité numérique*, une fois créée, jouera un rôle clé dans la mise en œuvre de ces nouvelles règles.

