NapseflowNapseflow
Généraliste

Quand Donald Trump bloque toutes vos transactions

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 h

L'Europe tire la sonnette d’alarme pour freiner sa dépendance aux technologies américaines..

Un juge sanctionné

En 2025, le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a été placé sur une liste de sanctions par l'administration de Donald Trump. Cette liste, normalement réservée aux cartels de drogue et aux groupes terroristes comme Al-Qaïda, inclut désormais des magistrats ayant délivré des mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens, dont le premier ministre Benyamin Nétanyahou et son ministre de la Défense Yoav Gallant. Les sanctions américaines interdisent à Guillou d'entrer aux États-Unis, de posséder des avoirs financiers sur ce territoire et d'utiliser des services américains. Ces mesures paralysent son quotidien, car la plupart des outils de paiement en Europe dépendent de systèmes américains comme Visa, Mastercard, Google Pay ou Apple Pay. Depuis plus d'un an, il ne peut plus utiliser de cartes bancaires ni effectuer de transactions en ligne, illustrant ainsi la vulnérabilité européenne face à la domination numérique des États-Unis.

La dépendance aux outils US

Les sanctions contre Nicolas Guillou révèlent une dépendance majeure de l'Europe aux infrastructures numériques américaines. Environ 80 % des transactions en Europe transitent via des réseaux américains comme Visa ou Mastercard, tandis que les applications de paiement comme Google Pay ou Apple Pay dominent le marché. Les services logistiques comme FedEx, UPS, Amazon ou Airbnb sont également sous contrôle américain, rendant toute exclusion de leurs plateformes paralysante. Cette situation pose un problème de souveraineté numérique pour l'Europe, qui ne dispose pas d'alternatives locales viables. Le juge Guillou souligne que cette dépendance expose les Européens à des risques de blocage arbitraire, comme une coupure généralisée de services numériques, un scénario qu'il qualifie de kill switch (interrupteur d'urgence).

Les solutions européennes

Face à cette dépendance, des initiatives européennes émergent pour proposer des alternatives locales. L'application Wero, développée par l'entreprise française EPI, compte déjà 55 millions d'utilisateurs en France, Allemagne et Belgique. Wero fonctionne comme un système de paiement entre particuliers (P2P), similaire à Interac, et vise à s'étendre aux transactions commerciales. Son avantage réside dans le fait que les données restent en Europe, offrant une protection contre les lois extraterritoriales américaines comme le CLOUD Act (loi permettant aux États-Unis d'accéder aux données stockées à l'étranger par des entreprises américaines). Cependant, Wero doit encore gagner en performance et en adoption pour rivaliser avec les géants américains. D'autres projets, comme la Suite numérique française, remplacent les outils bureautiques américains (Microsoft Office, Google) par des logiciels libres et locaux, comme Tchap (messagerie) ou Visio (visioconférence).

Le cloud et la souveraineté

La souveraineté numérique européenne passe aussi par la maîtrise des données et du cloud (informatique en nuage). Aujourd'hui, 80 % du marché européen du cloud est dominé par des entreprises américaines comme Amazon, Microsoft et Google, qui hébergent près de 50 % des 12 000 centres de données mondiaux. En réponse, des acteurs européens comme OVH Cloud, présent au Canada et en Europe, proposent des solutions locales. OVH Cloud gère plus de 450 000 serveurs dans 9 pays et mise sur la confiance dans ses infrastructures pour attirer des clients soucieux de ne pas dépendre de lois étrangères. La Commission européenne a lancé en juin 2026 un Tech Sovereignty Package, un plan d'investissement dans les semi-conducteurs, les centres de données et l'intelligence artificielle, pour réduire cette dépendance. L'objectif est de diversifier les acteurs et de renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe.

Ce que ça pourrait changer

La transition vers la souveraineté numérique ne se fera pas du jour au lendemain, mais des signes concrets émergent. La France, par exemple, remplace progressivement ses outils numériques américains par des solutions locales dans la fonction publique, avec plus de 800 000 comptes créés et 400 000 utilisateurs actifs par mois. Des collaborations internationales, comme celles entre la France, le Danemark et le Québec, visent à partager des technologies et à mutualiser les efforts. Cependant, le défi reste de taille : les consommateurs privilégient souvent la praticité et le coût plutôt que la souveraineté. Les acteurs européens insistent sur la nécessité de combiner régulation, innovation et commandes publiques pour atteindre une masse critique et concurrencer les géants américains. Le juge Guillou, lui, a appris à vivre avec ces limitations, rappelant que des alternatives existent, même si elles sont moins pratiques.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.