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Droit

« Pénalité maternelle » : le Haut Conseil à l’égalité formule 45 recommandations

LexisVeille · mis à jour il y a 9 j

« Pénalité maternelle » : le Haut Conseil à l’égalité formule 45 recommandations Social Protection sociale Famille.

Maternité et inégalités

Le Haut Conseil à l’égalité (HCE), une institution française indépendante chargée de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, souligne dans un rapport publié le 11 septembre 2026 que la maternité reste un facteur majeur d’inégalités professionnelles et patrimoniales en France. Selon le HCE, la naissance d’un enfant entraîne une diminution de 40 % du revenu salarial des mères. Ce chiffre illustre l’écart persistant entre les revenus des femmes avant et après la maternité, un phénomène souvent désigné par l’expression pénalité maternelle. Cette baisse s’explique par des mécanismes structurels, comme une répartition inégale des tâches parentales et professionnelles, plutôt que par la maternité elle-même.

Exposition à la précarité

Le rapport du HCE met en lumière que les mères sont davantage exposées à plusieurs formes de précarité professionnelle. Parmi celles-ci figurent le temps partiel, qui concerne une part importante des femmes après la naissance d’un enfant, ainsi que des freins à la promotion professionnelle et à l’accès à la formation continue. Ces obstacles limitent leurs perspectives d’évolution de carrière et renforcent leur vulnérabilité économique. Par ailleurs, le rapport indique que les mères sont plus susceptibles de connaître la précarité en cas de séparation, un risque accru par rapport aux pères. Ces inégalités reflètent un déséquilibre dans l’organisation de la parentalité et du travail, où les responsabilités familiales pèsent encore majoritairement sur les femmes.

Origines des écarts

Selon le HCE, les écarts observés entre les revenus des mères et ceux des autres groupes ne sont pas principalement dus à la maternité elle-même, mais à une organisation déséquilibrée de la parentalité et du travail. Cela signifie que les inégalités ne découlent pas d’un choix individuel des femmes, mais de structures sociales, économiques et professionnelles qui ne prennent pas suffisamment en compte les besoins des parents. Par exemple, les politiques de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, comme les modes de garde ou les congés parentaux, sont souvent insuffisantes ou mal adaptées. Ces lacunes contribuent à maintenir les mères dans des situations professionnelles moins avantageuses.

Ce que ça pourrait changer

Pour remédier à ces inégalités, le *Haut Conseil à l’égalité* a formulé 45 recommandations dans son rapport. Ces propositions visent à rééquilibrer les responsabilités parentales et professionnelles, en ciblant notamment les employeurs, les pouvoirs publics et les familles. Parmi les pistes évoquées figurent l’amélioration des congés parentaux pour les deux parents, le développement de solutions de garde d’enfants accessibles et abordables, ainsi que des mesures incitant les entreprises à promouvoir l’égalité professionnelle. Le rapport souligne que ces actions doivent être menées de manière coordonnée pour avoir un impact significatif sur les inégalités persistantes.

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