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Géopolitique

Économie russe : deux tiers de la population estime que les moments les plus difficiles pour le pays sont encore à venir

Le Grand Continent · mis à jour il y a 12 j

La hausse du pessimisme quant à la situation du pays coïncide avec l’intensification des frappes ukrainiennes. L’article Économie russe : deux tiers de la population estime que les moments les plus difficiles pour le pays sont encore à venir est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Pessimisme record en Russie

Selon un sondage de l’institut VTsIOM publié le 18 août 2026, 66 % des Russes estiment que les moments les plus difficiles pour leur pays « sont encore à venir ». Ce niveau de pessimisme n’avait pas été atteint depuis la pandémie de coronavirus en 2020. Le sondage révèle une dégradation progressive de la perception économique depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, avec une accélération notable depuis décembre 2025 : la part des sondés partageant cette opinion est passée de 48 % à 66 % en seulement sept mois. Par ailleurs, 12 % des Russes estiment que le pays traverse actuellement sa période la plus difficile, un chiffre stable depuis 2022. Ces résultats reflètent une inquiétude croissante quant à l’avenir économique et social de la Russie.

Frappes ukrainiennes et pénuries

L’intensification des frappes ukrainiennes contre des infrastructures russes, notamment des raffineries et des sites de stockage de carburant, a directement impacté la population. Ces attaques ont provoqué des pénuries dans plusieurs dizaines de régions russes, affectant à la fois les consommateurs et les entreprises. Par exemple, la plateforme de commerce en ligne Wildberries, l’une des plus grandes du pays, a subi des perturbations majeures en raison de ces frappes. Ces événements coïncident avec la montée du pessimisme économique, soulignant le lien entre la situation militaire et les difficultés quotidiennes des Russes.

Licenciement d'un économiste critique

Le 16 août 2026, un économiste en chef de Vnesheconombank (la banque publique de développement russe) a été licencié pour avoir critiqué la capacité de la Russie à gagner la « guerre d’usure » contre l’Ukraine. Dans un discours rendu public par The Moscow Times le 14 août 2026, il avait déclaré que Moscou perdait la compétition technologique et économique face à la Chine, aux États-Unis et même à l’Ukraine. Ces propos illustrent les tensions internes croissantes autour de la gestion économique du conflit, alors que le Kremlin peine à protéger ses infrastructures des attaques ukrainiennes.

Stagnation économique et alerte

En septembre 2025, le directeur de Sberbank (la plus grande banque russe), German Gref, avait alerté sur une « stagnation technique » de l’économie russe, marquée par une croissance quasi nulle du PIB. Cette situation, combinée aux sanctions internationales et aux difficultés liées à la guerre, contribue à alimenter le sentiment de déclin économique. Les experts soulignent que la promesse de stabilité faite par le pouvoir russe à sa population, notamment après l’effondrement de l’URSS, est aujourd’hui remise en question par l’instabilité actuelle.

Ce que ça pourrait changer

Le politologue russe Abbas Gallyamov, ancien conseiller de Vladimir Poutine, compare la situation actuelle à celle des années 1990, après l’effondrement de l’URSS, lorsque les Russes avaient massivement voté pour Poutine en quête de sécurité et de stabilité. Aujourd’hui, cette promesse semble intenable : le Kremlin peine à protéger ses infrastructures des frappes ukrainiennes, et la population craint que les difficultés ne s’aggravent. Gallyamov, aujourd’hui considéré comme un « agent de l’étranger » par les autorités russes, souligne que la demande de sécurité, autrefois centrale dans le soutien à Poutine, est aujourd’hui en crise.

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