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Géopolitique

Crise de la recherche aux États-Unis : les scientifiques se tournent (aussi) vers le Canada

Courrier International · mis à jour il y a 2 h

En pleine phase de recrutement de scientifiques de calibre mondial, le Canada vient de réussir à attirer 64 chercheurs dans ses universités. La plupart d’entre eux, originaires de treize pays, se détournent des États-Unis, où l’administration Trump procède à une réorganisation profonde et à des coupes budgétaires..

Recrutement record au Canada

Le Canada a annoncé le 27 août 2026 le recrutement de 64 chercheurs de premier plan, originaires de treize pays différents, dans le cadre du Programme des chaires de recherche du Canada Eddie-Goldenberg. Ces chercheurs, dont 48 viennent des États-Unis, rejoindront des universités canadiennes comme McGill à Montréal ou l’université de Toronto pour travailler sur des sujets prioritaires pour le pays. Parmi ces domaines figurent la résilience climatique, les biotechnologies et l’intelligence artificielle. Ce programme vise à renforcer la recherche canadienne en attirant des talents internationaux, avec un budget qualifié de l’un des plus importants de l’Occident par la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly. Le Canada se positionne ainsi comme une alternative attractive face aux difficultés rencontrées par les États-Unis.

Fuite des cerveaux depuis les États-Unis

Les tensions entre l’administration Trump et le milieu universitaire américain ont poussé de nombreux chercheurs à quitter les États-Unis. En 2026, 48 des 64 chercheurs recrutés par le Canada provenaient des États-Unis, où les coupes budgétaires et la réorganisation profonde des institutions de recherche ont créé un climat défavorable. Des scientifiques comme Chloé Arson, une ingénieure française ayant passé dix-sept ans aux États-Unis, ou Raymond Fisman, un Canadien ayant enseigné trente ans à Boston, ont choisi de s’installer au Canada pour des raisons à la fois professionnelles et personnelles. Ils évoquent un écart croissant entre leurs valeurs et la politique américaine actuelle, ainsi qu’un environnement plus propice à l’innovation et à la liberté académique au Canada.

Attractivité des universités canadiennes

Les universités canadiennes, regroupées sous l’appellation U15 Canada, se présentent comme des acteurs majeurs de la recherche mondiale. Robert Asselin, président de cette organisation, souligne que ces établissements attirent désormais des chercheurs issus de prestigieuses institutions américaines comme le MIT, Harvard ou Carnegie-Mellon. Le Canada mise sur des chaires de recherche dotées de financements importants pour séduire ces talents. Par exemple, Chloé Arson occupera une chaire spécialisée dans les systèmes énergétiques souterrains et la géomécanique à McGill, tandis que Raymond Fisman travaillera sur la finance et la politique économique à Toronto. Ces recrutements reflètent la capacité du Canada à offrir des conditions de travail compétitives, avec des budgets jugés supérieurs à ceux de nombreux pays occidentaux.

Contexte politique et scientifique

L’administration Trump est pointée du doigt pour ses politiques ayant fragilisé le secteur de la recherche aux États-Unis. Entre 2025 et 2026, des bourses supprimées, des personnels renvoyés et des programmes annulés ont été signalés, créant un climat d’incertitude pour les scientifiques. La ministre Mélanie Joly a explicitement évoqué cette situation en déclarant que certains pays, dont les États-Unis, menacent la liberté académique et le financement de la science. Le Canada, en réponse, a lancé des initiatives ambitieuses pour attirer ces chercheurs, avec un budget qualifié de le plus important de l’Occident pour ce type de programme. Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large où d’autres pays, comme la France, tentent également de capter ces talents.

Ce que ça pourrait changer

Le recrutement de 64 chercheurs de haut niveau par le Canada en 2026 marque un tournant dans la géopolitique de la recherche scientifique. Ces mouvements illustrent une *fuite des cerveaux* depuis les États-Unis vers d’autres destinations, comme le Canada, l’Europe ou la Chine, où les conditions de travail et les financements sont perçus comme plus stables. Les secteurs ciblés par le Canada, tels que la *résilience climatique* ou l’*intelligence artificielle*, sont des domaines stratégiques pour l’avenir. Cette dynamique pourrait renforcer la position du Canada sur la scène internationale, tout en affaiblissant celle des États-Unis dans la compétition scientifique mondiale. Les chercheurs recrutés, souvent issus de milieux prestigieux, apporteront leur expertise pour développer des technologies de pointe et former de nouvelles générations de scientifiques.

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