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Environnement

Morts de la canicule : « Le gros du problème, c'est le logement »

Reporterre · mis à jour il y a 14 j

Les chaleurs de l'été 2026 ont déjà provoqué près de 6 000 morts en excès. D'où l'urgence de mettre en place des actions ambitieuses et égalitaires sur le logement, estime l'épidémiologiste Basile Chaix.

Canicule et mortalité

Les vagues de chaleur extrême, comme celle de 2003 en France, entraînent une augmentation significative de la mortalité, notamment chez les personnes âgées. Lors de la canicule de 2003, on a enregistré environ 15 000 décès supplémentaires en France, principalement dans les grandes villes. Ces épisodes de chaleur intense, définis par des températures dépassant 35°C pendant plusieurs jours consécutifs, sont devenus plus fréquents et plus intenses en raison du changement climatique. Les autorités sanitaires soulignent que ces vagues de chaleur aggravent les problèmes de santé préexistants, comme les maladies cardiovasculaires ou respiratoires, et touchent particulièrement les populations vulnérables.

Logement facteur clé

L'article met en avant que le principal facteur aggravant lors des canicules est la qualité du logement. Les personnes vivant dans des logements mal isolés, sans climatisation ou avec des matériaux inadaptés (comme les toits en tôle ou les murs en pierre non ventilés) sont les plus exposées aux risques. En France, environ 12 millions de logements sont considérés comme mal isolés, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. Les personnes âgées, souvent propriétaires de leur logement et réticentes à déménager, sont particulièrement concernées. Les logements situés en ville, où les îlots de chaleur urbains amplifient les températures, sont également plus dangereux.

Inégalités sociales

Les inégalités sociales jouent un rôle majeur dans la vulnérabilité face aux canicules. Les personnes à faible revenu ont moins accès à des logements adaptés ou à des solutions de rafraîchissement, comme les climatiseurs. En France, 20 % des ménages les plus modestes vivent dans des logements surchauffés pendant l'été, contre seulement 5 % des ménages aisés. Ces inégalités s'expliquent par le coût élevé des logements bien isolés ou équipés, ainsi que par la concentration des populations précaires dans des quartiers mal desservis et mal équipés. Les politiques publiques peinent à réduire ces disparités, malgré des dispositifs comme le chèque énergie ou les aides à la rénovation.

Rôle des pouvoirs publics

Les pouvoirs publics sont pointés du doigt pour leur manque d'action efficace face à ce problème. Bien que des plans comme le Plan Canicule existent depuis 2004, leur mise en œuvre reste insuffisante. Ce plan prévoit notamment l'ouverture de lieux rafraîchis (comme les îlots de fraîcheur) et des campagnes d'information, mais son application est inégale selon les territoires. Les associations et experts demandent des mesures plus ambitieuses, comme l'obligation de rénovation thermique des logements ou la limitation des loyers dans les zones les plus exposées. En 2022, seulement 30 % des logements concernés par le plan avaient bénéficié de travaux d'isolation.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire la mortalité liée aux canicules, plusieurs solutions sont proposées. La première consiste à améliorer l'isolation des logements, notamment via des aides financières comme le *MaPrimeRénov'*, qui a permis à 500 000 ménages de bénéficier de travaux en 2021. Une autre piste est le développement des *îlots de fraîcheur*, des espaces publics ou privés climatisés ou ombragés, comme les parcs ou les bibliothèques. Enfin, des campagnes de sensibilisation ciblent les personnes âgées et les plus vulnérables pour leur rappeler les gestes à adopter en cas de forte chaleur, comme boire régulièrement de l'eau ou éviter de sortir aux heures les plus chaudes.

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