Au Kenya, la violence politique n’est plus réservée aux hommes
Le quotidien kényan “Daily Nation” raconte comment des femmes sont désormais engagées parmi les “goons”, voyous payés par des hommes politiques pour semer le chaos dans les rassemblements de leurs opposants..
Au Kenya, le terme goons désigne des hommes de main recrutés par des responsables politiques pour intimider les partisans d’un rival ou provoquer des troubles lors de rassemblements. Ces individus, souvent payés quelques euros par jour, sont traditionnellement des jeunes hommes sans emploi, reconnaissables à leur tenue simple (un tee-shirt aux couleurs d’un parti) et à leur comportement violent. Leur rôle est de semer la peur et le chaos pour influencer le déroulement d’élections ou de manifestations. Depuis juillet 2025, leur profil évolue : les femmes commencent à occuper une place plus active dans ces violences politiques, un phénomène inédit jusqu’ici.
Historiquement, les femmes kenyanes étaient cantonnées à des rôles secondaires dans les violences politiques, comme pousser des youyous, danser ou brandir des pancartes lors des rassemblements. Elles étaient rarement les premières à déclencher les affrontements. Cependant, depuis juillet 2025, leur implication a changé. Les médias locaux, comme le Daily Nation, soulignent que des femmes participent désormais activement aux violences, notamment en lançant des pierres ou en bloquant des routes lors d’attaques contre des convois politiques. Un incident marquant s’est produit dans le comté de Kisii, où des partisanes d’une candidate ont été impliquées dans des heurts violents, blessant plusieurs personnes.
Ces violences s’inscrivent dans le cadre d’élections partielles au Kenya, où les tensions entre partis politiques sont fréquentes. Les goons, qu’ils soient hommes ou femmes, sont souvent mobilisés pour perturber les meetings ou les déplacements des candidats adverses. Le 17 juin 2025, à Nairobi, des goons armés de bâtons ont poursuivi un manifestant protestant contre les violences policières, illustrant l’escalade de la violence. Ces pratiques, bien que récurrentes, prennent une nouvelle dimension avec l’implication croissante des femmes, reflétant peut-être une radicalisation des stratégies politiques au Kenya.
Les violences politiques au Kenya ont déjà fait plusieurs morts ces dernières semaines, notamment lors d’élections partielles. L’attaque d’un convoi politique dans le comté de Kisii, début juillet 2025, a particulièrement marqué les esprits : des jeunes, soupçonnés d’appartenir à un camp adverse, ont bloqué la route avant de lancer des projectiles, blessant plusieurs partisans. Ces incidents montrent que la violence politique ne se limite plus aux hommes et que les femmes y jouent désormais un rôle plus direct, ce qui pourrait aggraver l’instabilité dans le pays.

