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Généraliste

«Mediapart» révèle avoir fait authentifier les messages antisémites attribués à Jordan Bardella

Le Devoir · mis à jour il y a 13 j

Le président du Rassemblement national dément toujours en être l’auteur..

Révélation Mediapart

Le média d’investigation français Mediapart a révélé le 17 octobre 2024 avoir authentifié par huissier des messages antisémites datant de 2013, attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite français. Ces messages, publiés sous forme de captures d’écran, auraient été échangés sur Messenger, la messagerie interne de Facebook (appartenant à Meta). L’authentification a été réalisée grâce à une extraction des données validée par un huissier, confirmant l’identité de l’auteur via des éléments biographiques comme la mention d’une entrevue au Parisien en 2013 ou un échec au concours de Sciences Po. Mediapart affirme que cette conversation n’a pas été modifiée après coup et que l’interlocuteur correspond bien au compte Facebook référencé sous le nom de Jordan Bardella.

Contenu des messages

Les messages publiés par Mediapart contiennent des propos antisémites tenus en 2013, lorsque Jordan Bardella était un jeune militant du RN. Parmi ces propos, on trouve des phrases comme « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ou « Le juif doit dominé les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif ». Bardella aurait également exprimé une fascination pour Alain Soral, idéologue connu pour ses positions antisémites et négationnistes, bien que ce dernier ait rompu ses liens avec le RN en 2009. Bardella conteste catégoriquement être l’auteur de ces messages, les qualifiant de « montages grossiers » et portant plainte pour diffamation contre Mediapart.

Réactions politiques

Cette affaire survient à sept mois de l’élection présidentielle française de 2025, où Marine Le Pen, figure historique du RN et favorite dans les sondages, est candidate. Jordan Bardella, président du RN et dauphin potentiel de Le Pen, était pressenti pour devenir Premier ministre en cas de victoire. L’affaire ébranle la stratégie de « dédiabolisation » du RN, menée depuis 15 ans pour adoucir l’image du parti. Marine Le Pen a dénoncé une « barbouzerie » (terme désignant une opération secrète visant à discréditer) et promis de « démonter » ces « manipulations ». Édouard Philippe, candidat de centre-droit et ancien Premier ministre, a estimé que « il est quasiment établi » que Bardella a tenu ces propos. Le RN a fait bloc derrière son président, qui sera seul candidat à sa réélection lors du congrès du parti fin octobre 2024.

Conséquences pour Bardella

Jordan Bardella a réagi avec virulence, qualifiant ces accusations de « l’accusation la plus ignoble » et dénonçant « des campagnes orchestrées » visant à « l’exécution politique ». Il affirme faire face à un « traitement déloyal, injuste et mensonger ». Cette affaire pourrait avoir un impact majeur sur sa carrière politique, notamment sa crédibilité en tant que futur Premier ministre. Bardella a porté plainte pour diffamation contre Mediapart, mais cette procédure n’empêchera pas les répercussions médiatiques et politiques. Le RN, déjà fragilisé par des accusations répétées d’antisémitisme, doit désormais gérer une crise interne et une remise en question de sa stratégie de normalisation.

Ce que ça pourrait changer

L’affaire s’inscrit dans un contexte politique tendu en France, à six mois de l’élection présidentielle. Marine Le Pen, candidate du RN, est donnée favorite dans les sondages, mais son parti reste sous surveillance en raison de son passé et de ses positions controversées. La *« dédiabolisation »* du RN, lancée il y a 15 ans, visait à atténuer son image d’extrême droite en modérant son discours et en promouvant de nouveaux visages comme Bardella. Cette stratégie est aujourd’hui remise en cause par des révélations comme celle-ci, qui rappellent les liens historiques du parti avec des thèses conspirationnistes et antisémites. L’authentification des messages par huissier ajoute une dimension juridique à l’affaire, renforçant la crédibilité des accusations portées par *Mediapart*.

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