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En Australie, ce fossile unique montre un ptérosaure mangé par un ichtyosaure

Science & Vie · mis à jour il y a 1 h

Les chaînes alimentaires du passé se devinent surtout à partir d'os éparpillés, jamais pris sur le fait. Cette fois en Australie, un seul bloc de pierre a figé des reptiles marins surpris en plein repas.

Découverte d'un fossile rare

En Australie, des paléontologues ont découvert un fossile exceptionnel daté de la période du Crétacé supérieur, il y a environ 100 millions d'années. Ce fossile unique en son genre montre une chaîne alimentaire préhistorique figée dans la pierre. Il révèle comment trois espèces marines et volantes ont interagi dans un même écosystème, offrant un aperçu rare des relations de prédation de l'époque. Ce type de fossile, appelé fossile de repas, est extrêmement rare car il capture un moment précis où un prédateur a consommé sa proie, et où cette proie avait elle-même mangé un autre animal. Les scientifiques estiment que cette découverte pourrait fournir des informations précieuses sur les comportements alimentaires et les interactions entre espèces de cette période géologique.

Les trois acteurs clés

Le fossile met en scène trois espèces distinctes. D'abord, un ptérosaure, un reptile volant de la famille des Pterosauria, dont les spécimens les plus grands pouvaient atteindre une envergure de 10 à 12 mètres. Ce ptérosaure semble avoir été la première proie, probablement capturé en vol ou près de la surface de l'eau. Ensuite, un ichtyosaure, un reptile marin ressemblant à un dauphin, mesurant environ 3 à 4 mètres de long, qui a avalé le ptérosaure. Enfin, un pliosaure géant, un autre reptile marin prédateur, encore plus imposant avec une longueur estimée entre 10 et 12 mètres. Ce pliosaure a ensuite dévoré l'ichtyosaure, créant ainsi une chaîne alimentaire de trois niveaux. Ces espèces vivaient dans des mers peu profondes, aujourd'hui recouvertes par des déserts australiens.

Mécanisme de conservation

Le fossile s'est formé dans des conditions géologiques particulières. Après la mort des trois animaux, leurs corps se sont déposés au fond d'une lagune ou d'une mer peu profonde, où les sédiments les ont rapidement recouverts. L'absence d'oxygène dans ces sédiments a permis une préservation exceptionnelle des os et même de certains tissus mous. Les scientifiques pensent que l'ichtyosaure a été surpris par le pliosaure alors qu'il venait de consommer le ptérosaure, ce qui a figé la scène dans le temps. Cette découverte a été rendue possible grâce à des techniques modernes de tomographie et d'imagerie 3D, qui ont permis de visualiser les os sans endommager le fossile.

Importance scientifique

Cette découverte est d'une importance majeure pour la paléontologie, car elle confirme une hypothèse selon laquelle les pliosaures géants étaient des prédateurs apex, c'est-à-dire au sommet de la chaîne alimentaire. Elle montre également que les interactions entre espèces marines et volantes étaient complexes et que les écosystèmes du Crétacé supérieur étaient bien plus interconnectés qu'on ne le pensait. Les chercheurs soulignent que ce fossile pourrait aider à comprendre comment ces espèces coexistaient et quelles étaient leurs stratégies de chasse. Il pourrait aussi fournir des indices sur l'évolution des reptiles marins et des ptérosaures. Cette découverte a été publiée dans une revue scientifique spécialisée, mais l'article ne précise pas le nom de la revue ni les noms des chercheurs impliqués.

Ce que ça pourrait changer

Le fossile a été découvert dans une région d'Australie connue pour ses richesses paléontologiques, notamment dans l'État du Queensland. Cette zone était autrefois recouverte par une mer intérieure, appelée *Eromanga Sea*, qui s'étendait sur une grande partie de l'Australie orientale il y a 100 millions d'années. Les dépôts sédimentaires de cette mer ont préservé de nombreux fossiles de reptiles marins, de poissons et d'autres créatures préhistoriques. Les scientifiques estiment que cette région pourrait encore cacher d'autres fossiles similaires, offrant des perspectives de nouvelles découvertes. Les recherches sur place sont menées par des équipes locales et internationales, en collaboration avec des musées et des universités.

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