NapseflowNapseflow
Généraliste

Santé Canada autorise des essais cliniques pour un vaccin contre l’Ebola

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 h

Moderna pourra faire un essai clinique de phase I sur un petit groupe de patients..

Autorisation vaccin Ebola

Santé Canada a donné son accord pour lancer un essai clinique de phase I pour un vaccin expérimental contre le virus Ebola, plus précisément contre la souche Bundibugyo. Cette souche circule actuellement en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, où elle a causé plus de 1000 décès. L’entreprise américaine Moderna, spécialisée dans les vaccins à ARN messager, est à l’origine de ce candidat vaccin. Le Canada devient ainsi le deuxième pays à autoriser ces essais, après le Royaume-Uni. Aucun vaccin ni traitement n’existe actuellement contre cette souche spécifique d’Ebola, ce qui rend cette avancée particulièrement importante pour la santé publique en Afrique centrale.

Déroulement essai clinique

L’essai clinique de phase I, mené par Moderna, vise à tester l’innocuité du vaccin sur un petit groupe de participants en bonne santé. L’objectif est de déterminer une dose sûre et d’identifier d’éventuels effets secondaires. Si ces premiers tests sont concluants, des phases d’essais supplémentaires seront nécessaires avant une éventuelle homologation par Santé Canada. Aucun cas d’Ebola n’a été répertorié au Canada, ce qui limite les risques pour les participants locaux. La Dr Joanne Liu, directrice du laboratoire de préparation aux pandémies de l’Université McGill, estime que le vaccin pourrait être disponible dans quelques mois, sous réserve des résultats des essais.

Souches d'Ebola et protection

Le virus Ebola compte plusieurs souches, dont les plus connues sont Zaïre et Sudan. Des vaccins expérimentaux existent déjà pour ces souches et pourraient offrir une protection limitée, estimée entre 20 et 30 %, contre la souche Bundibugyo. Ces vaccins seront administrés en priorité au personnel soignant en RDC et en Ouganda. Contrairement aux autres souches, Bundibugyo est moins mortelle mais ses symptômes apparaissent plus lentement, ce qui complique son contrôle. Les patients infectés peuvent initialement présenter des symptômes mineurs comme des maux de tête ou une légère fièvre, retardant leur consultation médicale et favorisant la propagation du virus.

Transmission et défis

Le virus Ebola se transmet principalement par contact avec les fluides corporels d’une personne infectée et symptomatique, ou avec des objets contaminés. En RDC et en Ouganda, les médecins rencontrent des difficultés majeures pour retracer les chaînes de transmission. Selon la Dr Joanne Liu, 80 % des cas diagnostiqués ne peuvent être rattachés à aucune chaîne de transmission connue, ce qui signifie que leur origine reste inconnue. Cette situation rend le contrôle de l’épidémie particulièrement complexe, d’autant que la souche Bundibugyo se propage lentement et silencieusement dans les communautés.

Ce que ça pourrait changer

Des essais cliniques pour des traitements contre l’Ebola ont déjà débuté le mois dernier, en parallèle des tests sur les vaccins. Les vaccins expérimentaux contre les souches *Zaïre* et *Sudan* sont déjà disponibles dans des congélateurs au Canada (Winnipeg) et aux États-Unis (Texas). Par ailleurs, des restrictions de voyage ont été mises en place pour limiter la propagation du virus, notamment pour des étudiants congolais devant se rendre à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Ces mesures visent à protéger les populations locales et à éviter une propagation internationale du virus.

Sujets complémentaires