Ottawa s’apprête à classer l’oléoduc vers la C.-B. comme projet d’intérêt national
Cette désignation permet au gouvernement de contourner des lois environnementales..
Le gouvernement fédéral canadien envisage de classer comme projet d’intérêt national un nouvel oléoduc reliant l’Alberta à la Colombie-Britannique (C.-B.). Ce projet, porté par un accord entre Ottawa et Edmonton, vise à construire une infrastructure capable de transporter plus d’un million de barils de pétrole brut par jour. Le tracé prévu, long de 1 250 kilomètres, partirait de Bruderheim (Alberta) pour aboutir près de Delta (C.-B.), où le pétrole serait exporté vers les marchés internationaux. Le gouvernement justifie cette désignation par la nécessité d’accélérer les procédures administratives et de contourner certaines réglementations environnementales, afin de faciliter la réalisation du projet.
La Loi visant à bâtir le Canada permet au gouvernement fédéral de désigner un projet comme étant d’intérêt national. Cette mesure offre un avantage majeur : elle simplifie et accélère les démarches d’autorisation, en réduisant les délais et en limitant les recours juridiques. Pour le nouvel oléoduc, cette désignation permettrait de passer outre certaines évaluations environnementales classiques. Un avis publié dans la Gazette du Canada le 1er août 2026 fixe au 18 septembre 2026 la date limite pour soumettre des commentaires sur cette désignation. Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, supervise ce processus en collaboration avec les gouvernements de l’Alberta et de la C.-B., tout en menant des consultations avec les communautés autochtones.
Ce projet s’inscrit dans un accord énergétique entre le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta, visant à renforcer la capacité d’exportation du pétrole canadien. L’oléoduc existant Trans Mountain, déjà en service, suit un corridor similaire mais plus au nord. Le nouveau tracé, plus au sud, permettrait d’augmenter significativement le volume de pétrole transporté vers la côte ouest, où se trouvent des terminaux portuaires stratégiques pour l’exportation vers l’Asie et l’Amérique du Nord. Ce projet suscite des débats, notamment en raison de ses impacts environnementaux potentiels et de son alignement avec les priorités économiques des gouvernements provinciaux concernés.
La désignation d’un projet d’intérêt national ne fait pas l’unanimité. Les consultations en cours avec les communautés autochtones et les gouvernements provinciaux, notamment celui de la C.-B., soulèvent des questions sur les impacts environnementaux et sociaux. Le tracé proposé traverse des territoires sensibles, ce qui pourrait entraîner des oppositions locales ou des recours juridiques. Par ailleurs, ce projet s’ajoute à d’autres infrastructures énergétiques controversées au Canada, comme l’expansion du pipeline *Trans Mountain*, déjà critiqué pour son impact sur les écosystèmes et les émissions de gaz à effet de serre.

