Le registre des activités d’influence étrangère entre en vigueur
Le registre vise à permettre aux Canadiens de savoir qui tente d'influencer leur gouvernement et comment..
Le Canada a lancé mardi 4 août 2026 un registre public des activités d’influence étrangère, près de deux ans après l’adoption de la Loi sur la lutte contre l’ingérence étrangère. Cette loi fait suite aux conclusions d’une commission d’enquête qui avait révélé des tentatives d’ingérence étrangère lors des élections fédérales de 2019 et 2021. Désormais, toute personne ou entité agissant pour le compte d’un gouvernement ou organisme étranger afin d’influencer un responsable politique canadien (fédéral, provincial ou municipal) doit s’enregistrer auprès du Commissariat à l’influence étrangère. Ce registre sera accessible au grand public, permettant aux Canadiens de connaître les acteurs et méthodes utilisés pour tenter d’influencer leur politique. Les contrevenants risquent des amendes pouvant atteindre 1 million de dollars.
Anton Boegman, ancien directeur général des élections de la Colombie-Britannique (juin 2018 à novembre 2025), a été nommé premier commissaire à la transparence en matière d’influence étrangère pour superviser ce registre. Il a précisé que son rôle ne consiste pas à résoudre l’ensemble des problèmes liés à l’ingérence étrangère, mais à rendre transparentes les activités d’influence. Il a souligné que son commissariat ne peut pas détecter les opérations dissimulées ou les actes de répression transnationale, qui relèvent plutôt des agences de sécurité nationale comme la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Si une situation relève de l’ingérence étrangère (tentative de s’immiscer dans les décisions gouvernementales), elle est transmise à ces partenaires pour enquête.
Le registre et la loi visent à informer les Canadiens sur les tentatives d’influence étrangère dans leur pays. Anton Boegman a expliqué que l’objectif est de permettre au public de mieux comprendre comment des entités étrangères cherchent à influencer la politique canadienne. Il a fait une distinction claire entre l’influence étrangère (activités légales mais à déclarer) et l’ingérence étrangère (actions illégales ou contraires aux intérêts nationaux). Le registre public permet ainsi une surveillance citoyenne et une meilleure transparence sur ces enjeux, sans pour autant remplacer les mécanismes de sécurité nationale.
Initialement, la loi adoptée à Ottawa prévoyait d’inclure les tentatives d’influence étrangère ciblant les dirigeants autochtones, notamment dans le nord du Canada, où des experts en sécurité avaient identifié des risques d’ingérence. Cependant, cette disposition n’a pas été intégrée au règlement publié en été 2026. Anton Boegman a indiqué que cette exclusion était due à un manque de temps pour mener les consultations nécessaires avec les communautés autochtones. Il a précisé que cette décision émanait de *Sécurité publique Canada*, sans plus de détails sur les raisons ou les prochaines étapes possibles pour inclure ces communautés dans le futur.

