Le travail du sexe en ligne : entre exploitation numérique et criminalisation
À l’heure où la proposition de loi relative aux violences sexistes et sexuelles, discutée cette semaine, entend étendre certaines dispositions pénales aux services sexuels virtuels, Thierry Schaffauser analyse le télétravail du sexe comme un laboratoire du néolibéralisme numérique, où les aspiratio…
Résumé
Transformation numérique du sexe
L’essor des plateformes numériques comme OnlyFans ou MYM a profondément modifié l’industrie pornographique et le travail du sexe en ligne.
Ces plateformes permettent une autoproduction à domicile, offrant une apparente autonomie et sécurité aux travailleurSEs du sexe, notamment grâce au télétravail du sexe (TTDS) en webcam.
Cependant, cette indépendance cache une réalité plus complexe : isolement, concurrence accrue et dépendance aux algorithmes des plateformes.
Le modèle traditionnel de production centralisée, dominé par des studios comme Dorcel, a laissé place à une logique d’auto-entrepreneuriat atomisée, où les profits proviennent davantage de la distribution de contenus gratuits et de la publicité que de la vente directe.
La crise du COVID-19 a accéléré cette transition, renforçant l’attrait du TTDS pour son absence de contact physique et sa flexibilité apparente.
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