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PHILOSOPHIE

Le travail du sexe en ligne : entre exploitation numérique et criminalisation

Source unique·il y a 8 j

À l’ère du capitalisme numérique, l’autonomie promise par le télétravail du sexe en ligne se heurte à une réalité plus sombre : une exploitation individualisée, où les algorithmes et l’État sécuritaire transforment l’intimité en marchandise précaire. Entre la promesse d’émancipation et la criminalisation croissante, ce secteur révèle les contradictions d’un système qui capture les désirs d’autonomie pour mieux les soumettre à ses logiques de contrôle.

En quoi l’article 25 de la proposition de loi « intégrale » menace-t-il spécifiquement le télétravail du sexe en ligne ?

L’article 25 élargit la définition du proxénétisme au télétravail sexuel en ligne, notamment le travail du sexe en webcam, alors que la jurisprudence exigeait jusqu’ici un contact physique avec un client. Cette mesure criminalise des activités consenties, privant les travailleurSEs de tout recours en droit du travail et de protection sociale, tout en les exposant à des discriminations accrues.

Quels sont les mécanismes par lesquels le néolibéralisme numérique exploite les travailleurSEs du sexe en ligne ?

Le néolibéralisme numérique capture les aspirations à l’autonomie en individualisant la production, où chaque travailleurSE doit gérer son propre personal branding et rentabiliser son image 24h/24. Les plateformes, comme OnlyFans ou Live Jasmine, transforment l’intimité et les affects en données monétisables, tout en maintenant les travailleurSEs dans un isolement propice à leur exploitation.

Pourquoi l’État français adopte-t-il une approche prohibitionniste plutôt que protectrice envers le travail sexuel en ligne ?

Plutôt que de reconnaître le travail sexuel en ligne comme une activité professionnelle nécessitant des droits et protections, l’État français privilégie une logique sécuritaire et morale. En criminalisant ces pratiques, il asphyxie les travailleurSEs, les poussant vers la clandestinité et les privant de recours légaux, tout en renforçant le contrôle des plateformes.

Ce que ça pourrait changer

Cette criminalisation pourrait aggraver la précarité des travailleurSEs du sexe en ligne, en les privant de droits fondamentaux et en les exposant à des plateformes étrangères moins régulées. Elle risque aussi de renforcer les inégalités de genre, en perpétuant une économie où l’exploitation des affects et de l’intimité reste invisibilisée et non protégée.

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