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GÉNÉRALISTE

Un an après la mort de Nooran, qui prend soin de ceux qui restent?

Source unique·il y a 3 j

Un an après la mort de Nooran Rezayi, abattu par la police de Longueuil en septembre 2025, la question des soins apportés aux victimes collatérales de violences institutionnelles resurgit avec une acuité particulière. Derrière l’indignation médiatique et les hommages se cache une critique systémique : celle d’un État qui, tout en financant des programmes de soutien psychologique pour ses agents, laisse les familles et communautés directement touchées par ces violences sans ressources équivalentes, perpétuant ainsi un cycle de souffrance et d’invisibilisation.

Quels éléments concrets illustrent la persistance des violences policières et institutionnelles un an après la mort de Nooran Rezayi ?

L’article cite notamment les allégations de policiers ayant conservé des mèches de cheveux de personnes noires et arabes comme trophées, ainsi que la campagne de surveillance ciblant des jeunes de Longueuil après sa mort. Ces faits s’inscrivent dans une continuité historique de violences racialisées, où les corps des minorités sont traités comme des objets de contrôle ou de collection, rappelant des pratiques coloniales.

Qui sont les signataires de cette tribune et quel est leur positionnement professionnel ou militant ?

La tribune est signée par près de 80 professionnels de la santé mentale (psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, intervenants psychosociaux) et militantes communautaires, regroupés sous l’égide du Centre Binetna. Leur texte s’appuie sur une expertise clinique et militante pour dénoncer les mécanismes de violence institutionnelle et exiger une réponse publique adaptée.

Pourquoi les auteurs estiment-ils que soigner les victimes sans remettre en cause les conditions sociales de leur souffrance revient à perpétuer cette souffrance ?

Ils soulignent que les traumatismes subis par les jeunes (peur, isolement, perte de vitalité) sont souvent relégués à des diagnostics individuels (délinquance, troubles du comportement) plutôt que reconnus comme des conséquences directes de violences systémiques. Agir sans nommer ces conditions, c’est participer à leur normalisation et à leur reproduction.

Ce que ça pourrait changer

Cette tribune pourrait relancer un débat sur la répartition des ressources publiques en santé mentale, notamment en exigeant une réallocation des budgets policiers vers des services sociaux et éducatifs. Elle pose aussi la question de la légitimité des institutions à se soigner elles-mêmes sans rendre de comptes aux victimes de leurs propres dysfonctionnements. Enfin, elle met en lumière le risque d’une société où la souffrance psychique des minorités devient un angle mort des politiques publiques.

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