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À la tête de l’ONU, l’heure d’une femme a-t-elle enfin sonné ?

Source unique·il y a 16 j

La désignation du ou de la prochaine secrétaire générale de l’ONU en 2026 s’annonce comme un moment charnière pour l’institution, alors que son rôle est contesté par le désengagement des grandes puissances et la montée des logiques unilatérales. Dans ce contexte, l’élection d’une femme, après huit décennies de direction masculine, pourrait symboliser une tentative de réinvention du multilatéralisme, mais se heurte aux réalités d’un processus décisionnel toujours dominé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Pourquoi la désignation du ou de la secrétaire générale de l’ONU est-elle considérée comme un enjeu géopolitique majeur en 2026 ?

La fin du mandat d’António Guterres intervient dans un contexte de crises simultanées — guerre en Ukraine, tensions sino-américaines, conflit à Gaza, endettement du Sud global — qui fragilisent l’ordre international et remettent en cause la légitimité de l’ONU. Le poste, souvent qualifié de « plus impossible au monde », devient un symbole de la capacité de l’institution à se réinventer face au désengagement des États-Unis et d’autres puissances, comme le montre leur retrait de financements ou leur contournement des mécanismes onusiens.

Quels sont les critères informels qui influencent traditionnellement le choix du ou de la secrétaire générale, et comment se traduisent-ils en 2026 ?

Bien que la Charte de l’ONU ne l’impose pas, une convention non écrite exclut les candidats issus des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) pour préserver l’indépendance du poste. En 2026, une rotation géographique tacite favorise l’Amérique latine, région non représentée au Conseil permanent mais ayant déjà fourni un secrétaire général (Javier Pérez de Cuéllar). Par ailleurs, l’enjeu de la représentation féminine s’ajoute à ces critères, sans pour autant remettre en cause le pouvoir de veto des cinq permanents.

Quelles sont les principales candidatures en lice pour succéder à António Guterres, et quelles visions du multilatéralisme incarnent-elles ?

Quatre candidatures dominent les discussions : Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et haute-commissaire aux droits de l’homme, défend une approche progressiste centrée sur les droits humains, la justice sociale et la coopération climatique ; Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, mise sur des réformes institutionnelles et le développement économique ; Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, privilégie une réforme budgétaire et une restauration de l’autorité diplomatique ; enfin, Macky Sall, ancien président du Sénégal, insiste sur la représentation du Sud global et l’efficacité opérationnelle des agences onusiennes.

Pourquoi la candidature de Michelle Bachelet cristallise-t-elle à la fois un espoir et des tensions politiques ?

Son profil, marqué par une expérience institutionnelle solide (ONU Femmes, Haut-Commissariat aux droits de l’homme) et un engagement historique contre la dictature chilienne, en fait une candidate crédible pour redonner une cohérence morale à l’ONU. Cependant, ses positions sur les droits humains et sa prudence face à la Chine lui valent des critiques contradictoires, notamment de la part des États-Unis et de gouvernements conservateurs. Son retrait du soutien officiel du Chili en 2026, après l’arrivée au pouvoir d’un président d’extrême droite, illustre la polarisation idéologique autour de sa candidature.

Ce que ça pourrait changer

L’élection d’une femme à la tête de l’ONU pourrait symboliser une avancée symbolique majeure pour la représentation féminine dans les institutions internationales, mais son impact réel dépendra de sa capacité à restaurer la confiance entre les grandes puissances et à proposer des solutions innovantes face aux crises actuelles. À l’inverse, un échec à concilier les fractures géopolitiques pourrait accélérer le déclin relatif de l’ONU au profit d’autres forums de gouvernance mondiale, comme les BRICS ou le G20.

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