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GÉNÉRALISTE

Pas facile de réglementer le « far west » de la revente des billets de spectacles

Source unique·il y a 8 j

L’entrée en vigueur de nouvelles règles encadrant la revente des billets de spectacles au Québec marque une tentative de mettre fin aux dérives d’un marché souvent comparé à un far west, où spéculation, fraudes et opacité des prix ont miné la confiance des consommateurs et des artistes. Si ces mesures sont saluées comme un progrès, leur efficacité réelle interroge, notamment face à la concentration du pouvoir entre les mains de géants comme Live Nation, qui cumule production, diffusion et plateforme de revente.

Quelles sont les principales mesures introduites par la nouvelle réglementation québécoise sur la revente de billets ?

Les nouvelles règles imposent aux plateformes de revente (Ticketmaster, Billets.ca, StudHub, SeatGeek) d’afficher clairement leur statut et de mentionner que le prix peut être moins élevé sur la billetterie officielle. Elles obligent également à indiquer le prix initial du billet, tous les frais supplémentaires avant paiement, et le nom du dernier propriétaire du billet pour lutter contre les fraudes. Enfin, toute revente à un prix supérieur au prix initial nécessite une autorisation écrite du producteur ou du diffuseur du spectacle.

Pourquoi certains acteurs, comme le professeur François Colbert, estiment-ils que la loi reste insuffisante ?

François Colbert critique l’absence de restrictions sur la tarification dynamique et le manque de mordant des sanctions, soulignant que la demande d’autorisation écrite pour les hausses de prix sera peu contraignante dans un marché dominé par Live Nation, qui cumule production, diffusion et plateforme de revente (Ticketmaster). Il regrette aussi que la loi ne s’inspire pas davantage du modèle ontarien, où les profits sur la revente sont interdits.

Quel événement récent a précipité la refonte de la loi québécoise sur la revente des billets ?

L’affaire des billets pour la cérémonie d’hommage national à Karl Tremblay, où 15 000 laissez-passer mis à disposition du public ont été revendus à plus de 500 $ sur des plateformes spécialisées, a servi de catalyseur à la réforme législative.

Quelles actions collectives ou sanctions récentes ont visé les plateformes de revente au Québec ?

Ticketmaster fait l’objet d’une action collective pour gonflement de ses frais de service, tandis que Billets.ca a plaidé coupable pour avoir exercé la revente sans autorisation légale. Ces procédures illustrent les dérives persistantes malgré les nouvelles règles.

Ce que ça pourrait changer

Ces mesures pourraient progressivement restaurer une partie de la confiance des consommateurs et des artistes, en limitant les abus les plus flagrants, mais leur impact réel dépendra de l’application stricte des règles et de la capacité des autorités à sanctionner les plateformes récalcitrantes. La concentration du marché entre les mains de Live Nation risque cependant de diluer l’efficacité des nouvelles obligations, notamment en matière de transparence des prix.

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