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SCIENCES

Bien avant les Européens, des navigateurs polynésiens auraient relié Hawaï et l'île de Pâques

Source unique·il y a 2 h

Les migrations polynésiennes, longtemps considérées comme un mystère, voient leurs routes se dessiner dans l’ADN des insulaires. Une étude génomique récente révèle que Hawaï et l’île de Pâques, pourtant distantes de 7 000 km, partagent un patrimoine génétique unique, suggérant une origine commune remontant aux îles Mangareva. Ces découvertes, fondées sur l’analyse de 1 050 génomes, soulèvent des questions sur les mécanismes de peuplement et leurs implications médicales, tout en rappelant que ces hypothèses restent à confirmer.

Quelle est la principale découverte de l’étude parue dans Science ?

L’étude révèle que Hawaï et l’île de Pâques (Rapa Nui) partagent un patrimoine génétique unique, suggérant une origine commune remontant aux îles Mangareva. Cette hypothèse, baptisée Holomoana Nui (« grand voyage océanique »), s’appuie sur l’analyse de 1 050 génomes polynésiens, mais reste une reconstruction statistique non confirmée.

Comment les chercheurs ont-ils reconstruit les liens génétiques entre ces îles ?

Les génomes de 1 050 Polynésiens, dont 581 Tahitiens, 12 Rapa Nuiens et des Hawaïens, ont été analysés pour isoler les segments d’ADN d’ascendance polynésienne. Sur 2 500 arbres de parenté reconstruits, Hawaï et Rapa Nui forment un duo isolé dans 61 % des cas, tandis que Tahiti a connu un goulet d’étranglement fondateur il y a environ 34 générations, vers l’an 1069.

Quels risques médicaux sont associés à cette diversité génétique ?

L’étude a identifié trois mutations responsables de maladies récessives, dont une sur le gène FAN1 présente chez 2,2 % des Polynésiens étudiés, contre une absence totale dans la base mondiale gnomAD. Ces mutations, bien que rares, dépassent le seuil d’un porteur sur 200 fixé par le Collège américain de génétique médicale, justifiant potentiellement un dépistage ciblé, bien que l’étude ne propose aucune recommandation clinique.

Pourquoi les résultats de cette étude sont-ils importants au-delà de la génétique ?

Les découvertes génétiques corroborent des modèles linguistiques et archéologiques, comme la dispersion du rat polynésien ou l’arbre linguistique proposé en 1966 par Robert Green. Elles plaident aussi pour une approche différenciée des archipels polynésiens, plutôt qu’un regroupement générique, et soulignent l’importance d’une éthique de la recherche incluant les communautés étudiées.

Ce que ça pourrait changer

Ces résultats pourraient transformer la compréhension des migrations humaines dans le Pacifique, tout en ouvrant des pistes pour des dépistages génétiques ciblés dans les populations polynésiennes. Ils rappellent aussi la nécessité de distinguer les spécificités locales, tant sur le plan médical que culturel, et d’intégrer les communautés dans la valorisation des données génomiques.

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