La violence verbale à l’école : préoccupante, selon une vaste étude québécoise
L’étude québécoise révèle que la violence verbale, sous forme d’insultes et de manque de respect, constitue aujourd’hui le principal défi en milieu scolaire, surpassant même les agressions physiques. Ce phénomène, amplifié par un déficit d’habiletés socio-émotionnelles chez les élèves, interroge la capacité des institutions à endiguer cette tendance, alors que les données préliminaires laissent planer des incertitudes sur son évolution réelle depuis la pandémie.
Quelle est la proportion d’élèves québécois concernés par la violence verbale à l’école, et comment ce phénomène se compare-t-il à la violence physique ?
Environ un tiers des élèves du primaire et un quart de ceux du secondaire déclarent subir des insultes souvent ou très souvent, contre 13 % des élèves du primaire et 7 % de ceux du secondaire pour les agressions physiques. La violence verbale est ainsi identifiée comme le problème numéro un dans les écoles, devant les actes physiques.
Pourquoi les chercheurs soulignent-ils un paradoxe dans la perception des élèves face à la violence verbale ?
Les élèves reconnaissent dans les questionnaires que les insultes les dérangent, mais tendent à les banaliser dans leur quotidien, notamment en les attribuant à des relations amicales (« C’est pas grave, c’est mon ami »). Cette dissociation entre perception déclarée et comportement observable révèle un décalage dans la prise de conscience des conséquences de leurs actes.
Quels facteurs expliquent, selon les chercheurs, la prévalence de la violence verbale chez les plus jeunes ?
Les spécialistes pointent un manque de mécanismes d’auto-régulation chez les enfants, encore en développement. Ce déficit, combiné à un usage insuffisant d’un langage respectueux, favorise l’émergence d’écarts de communication qui, non maîtrisés, peuvent dégénérer en conflits plus graves. Les interventions précoces en primaire seraient donc déterminantes pour limiter ces dynamiques.
Les données actuelles permettent-elles d’affirmer que la violence scolaire est en hausse au Québec ?
Non. Les chercheurs précisent que leurs résultats préliminaires ne permettent pas de conclure à une augmentation globale, bien que des signaux d’alerte aient été lancés par d’autres acteurs. Ils estiment que la violence fluctue selon les ressources et l’organisation interne des écoles, et que son ampleur exacte reste à préciser dans les prochaines enquêtes.
Ce que ça pourrait changer
Cette étude pourrait servir de levier pour repenser les stratégies de prévention en milieu scolaire, en mettant l’accent sur le développement des compétences socio-émotionnelles et la promotion d’un langage respectueux dès le plus jeune âge. Les résultats attendus en 2027, issus de deux grandes enquêtes complémentaires, devraient éclairer les décideurs sur l’efficacité des mesures actuelles et les pistes d’action prioritaires, notamment pour les personnels éducatifs souvent en première ligne face à ces enjeux.

