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GÉNÉRALISTE

Des arbres responsables de la pollution urbaine?

Source unique·il y a 13 j

Si les arbres sont traditionnellement perçus comme des alliés dans la lutte contre la pollution urbaine, une étude récente révèle une réalité plus complexe : leur contribution à la formation d’ozone, un polluant atmosphérique toxique, peut s’avérer significative dans certaines conditions. En analysant le cas de Pékin, les chercheurs mettent en lumière un paradoxe où la végétalisation, souvent présentée comme une solution écologique, devient un facteur aggravant de la dégradation de la qualité de l’air, notamment sous l’effet du réchauffement climatique. Cette découverte invite à repenser les stratégies d’aménagement urbain et le choix des essences végétales, entre bénéfices écologiques et risques chimiques.

Quelle est la part des émissions de composés organiques volatils (COV) attribuables à la végétation urbaine dans la production d’ozone à Pékin, et quels sont les mécanismes en jeu ?

À Pékin, la végétation urbaine génère plus de 50 % des COV végétaux impliqués dans les réactions chimiques produisant de l’ozone, un gaz toxique pour les poumons. Ces émissions proviennent principalement de l’isoprène, un composé très réactif libéré par certaines essences comme les saules pleureurs et les peupliers, privilégiées pour leur croissance rapide et leur résistance au climat. Les réactions chimiques nécessitent aussi la présence de lumière solaire et d’oxydes d’azote, émis notamment par les véhicules et les industries, pour aboutir à la formation d’ozone.

Quels facteurs expliquent que certaines villes, comme Melbourne ou Los Angeles, émettent davantage d’isoprène que Pékin, et quelles essences sont concernées ?

Les villes comme Melbourne, Sydney, Los Angeles ou Berlin présentent des émissions d’isoprène supérieures à celles de Pékin en raison de la composition de leur végétation urbaine, dominée par des essences à forte émission de ce composé. Parmi elles figurent l’eucalyptus en Australie, le chêne aux États-Unis, ou encore le saule et le peuplier dans le nord de la Chine. Ces choix d’aménagement, souvent motivés par des critères de croissance rapide ou de résilience climatique, amplifient paradoxalement la pollution atmosphérique.

Comment le réchauffement climatique influence-t-il la production d’ozone liée à la végétation urbaine ?

Le réchauffement climatique accentue la production d’ozone en augmentant à la fois les émissions de COV par la végétation et leur réactivité chimique. Selon l’étude, la contribution de la végétation aux réactions conduisant à l’ozone passe de 21 % à 20 °C à 74 % à 35 °C, illustrant une corrélation directe entre température et dégradation de la qualité de l’air dans les zones urbaines.

Quelles sont les recommandations des chercheurs pour limiter l’impact des arbres sur la pollution urbaine, et comment Montréal s’y prend-elle ?

Les chercheurs suggèrent de remplacer une partie des arbres émetteurs d’isoprène par des essences moins réactives lors des projets de verdissement urbain, afin de réduire les émissions globales de COV. À Montréal, les stratégies de plantation privilégient la diversité des espèces (chênes, érables, ginkgos, etc.) et l’adaptation au milieu urbain (résistance à la pollution, aux sels de déglaçage ou aux îlots de chaleur), tout en évitant les monocultures. La ville mise sur des arbres tolérants et des critères de sélection locaux plutôt que sur la croissance rapide, limitant ainsi les risques de contribution à la pollution.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude soulève un dilemme pour les urbanistes : comment concilier les bénéfices écologiques des arbres (réduction des îlots de chaleur, absorption du CO₂) avec leurs effets indésirables sur la qualité de l’air ? Elle plaide pour une approche plus nuancée du verdissement urbain, intégrant dès la conception des critères chimiques et climatiques. À plus long terme, elle pourrait inciter les villes à réévaluer leurs politiques de végétalisation, surtout dans un contexte de réchauffement global où les émissions de COV pourraient s’intensifier.

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