Le Canada aura besoin de près de 5 millions de nouveaux logements d’ici 2036, calcule la SCHL
Le Canada fait face à un défi structurel majeur en matière de logement, où la construction résidentielle peine à suivre une demande en forte croissance démographique. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le pays devra construire entre 417 000 et 469 000 nouveaux logements par an d’ici 2036 pour rétablir l’abordabilité observée avant la pandémie, un objectif qui semble hors de portée avec le rythme actuel. Cette tension entre offre et demande révèle des déséquilibres régionaux persistants et des risques économiques à long terme.
Pourquoi la SCHL a-t-elle revu à la baisse ses estimations de logements nécessaires par rapport à 2025 ?
La SCHL a légèrement réduit son estimation de 430 000-480 000 à 417 000-469 000 logements annuels, principalement en raison d’un ralentissement de la croissance démographique qui a temporairement amélioré l’abordabilité. Cependant, cette baisse des besoins estimés ne reflète pas une amélioration structurelle, mais plutôt un ajustement conjoncturel, car la construction résidentielle continue de ralentir plus vite que la demande.
Quels sont les principaux freins à la construction de logements au Canada, selon le rapport ?
Le secteur fait face à des coûts de construction élevés, à des conditions de financement difficiles pour les préventes, et à une faiblesse persistante du marché des copropriétés. Ces facteurs poussent les promoteurs à adopter une posture prudente, limitant ainsi le lancement de nouveaux projets malgré une demande structurelle forte.
Comment la situation varie-t-elle entre les grandes villes canadiennes ?
Toronto et Vancouver voient leurs déficits de logements se réduire grâce à une légère amélioration de l’abordabilité, mais cette tendance est contrebalancée par un ralentissement marqué de la construction, notamment pour les copropriétés. À l’inverse, Calgary a réduit son déficit de moitié grâce à une construction record, tandis que Montréal et Ottawa voient leur situation se dégrader, avec des tensions persistantes sur l’accession à la propriété.
Que risque le Canada si la construction de logements ne s’accélère pas malgré le ralentissement démographique actuel ?
Le principal risque identifié par la SCHL est un déficit structurel accru lorsque la demande reprendra de la vigueur, notamment avec le retour à une croissance démographique plus soutenue. Une offre insuffisante dans un contexte d’assouplissement temporaire du marché pourrait aggraver les déséquilibres à long terme, en particulier pour les ménages à faible revenu.
Ce que ça pourrait changer
Si la tendance actuelle se poursuit, le Canada pourrait entrer dans une phase de pénurie chronique de logements, avec des répercussions sur les prix, la mobilité des ménages et la croissance économique. Les disparités régionales risquent de s’accentuer, creusant les inégalités entre les métropoles et les zones moins dynamiques. À plus long terme, une offre insuffisante pourrait aussi freiner l’attractivité du pays pour les travailleurs qualifiés et les investisseurs étrangers.

