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Cet adolescent de 16 ans a une mémoire hors du commun : il surpasse 99,9 % de la population mondiale

Source unique·il y a 12 j

L’hypermnésie autobiographique, ou hyperthymésie, est une condition neurocognitive si rare que moins de 30 cas ont été documentés dans le monde. Pourtant, une étude récente menée par des chercheurs de l’Université Jagellonne (Pologne) sur un adolescent de 16 ans, KCL, révèle que cette particularité pourrait être plus répandue qu’on ne le pense. Si ses capacités de mémorisation dépassent celles de 99,9 % de la population, elles soulèvent des questions sur la frontière entre mémoire exceptionnelle et fonctionnement cérébral normal, ainsi que sur les mécanismes encore mal compris de cette singularité.

Comment KCL a-t-il été identifié comme porteur d’une mémoire exceptionnelle ?

C’est KCL lui-même qui a contacté Krystian Barzykowski, chercheur en sciences cognitives, en février 2025 pour signaler ses capacités mémorielles. Ses souvenirs remontent à la petite enfance (2010-2011), une période où la plupart des gens souffrent d’amnésie infantile, et ses performances lors de tests cognitifs ont confirmé son classement dans le 0,1 % supérieur de la population.

Quels tests ont permis de mesurer l’étendue de ses capacités mémorielles ?

Les chercheurs ont évalué KCL en lui demandant de se remémorer des événements marquants à des dates aléatoires, de reconstituer le déroulement de ses journées à des jours tirés au sort (avec des détails vérifiables comme la météo ou des faits confirmés par ses proches), et de situer des événements historiques ou nationaux. Ses scores, supérieurs de plus de 3 écarts-types à la moyenne, ont confirmé son hyperthymésie.

Pourquoi l’hypermnésie n’est-elle pas considérée comme une forme de mémoire supérieure ?

Malgré ses facultés exceptionnelles, KCL présente des fonctions cognitives normales (mémoire de travail, attention, fonctions exécutives). Les chercheurs soulignent que l’hyperthymésie résulte davantage d’un abaissement du seuil de tolérance du cerveau aux stimuli qu’à une supériorité intellectuelle globale. Elle ne confère pas de « super-pouvoirs » cognitifs, mais une facilité d’accès à des souvenirs habituellement filtrés.

Quelles pistes les scientifiques explorent-ils pour comprendre l’hyperthymésie ?

Les examens d’imagerie cérébrale n’ont révélé aucune anomalie structurelle chez KCL ou d’autres cas documentés. Les chercheurs suspectent un mécanisme lié à la neurogenèse intense durant l’enfance ou à une réorganisation synaptique différente, mais ces hypothèses restent à confirmer. Leur étude vise aussi à développer des protocoles de repérage précoce pour mieux cerner cette condition, identifiée seulement en 2006.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte pourrait inciter à repenser les protocoles de diagnostic des troubles de la mémoire, notamment chez les enfants, et ouvrir de nouvelles pistes en neurosciences. Elle rappelle aussi que l’exceptionnel ne se réduit pas toujours à une supériorité fonctionnelle, mais peut résulter de mécanismes encore mal compris. Enfin, elle interroge sur l’équilibre entre mémoire et oubli, deux processus essentiels à notre santé mentale.

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