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DROIT

Myanmar : trafics, escroqueries et mines illégales nourrissent le conflit

Source unique·il y a 13 j

Depuis le coup d’État militaire au Myanmar, le pays s’enfonce dans une spirale de violences et de trafics transnationaux, où l’exploitation illégale des ressources et les économies criminelles alimentent un conflit aux répercussions régionales dévastatrices. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU alerte sur l’intensification des crimes internationaux, la dégradation environnementale et l’aggravation des souffrances des populations civiles, notamment les Rohingyas, pris au piège d’un conflit sans issue visible.

Quels mécanismes économiques illégaux financent aujourd’hui le conflit au Myanmar ?

Le Myanmar est devenu le premier producteur mondial d’opium et de méthamphétamines, tandis que l’exploitation des terres rares a bondi de plus de 150 % depuis le putsch. Ces trafics, couplés à des centres d’escroqueries frontaliers et urbains, génèrent des revenus massifs qui alimentent les groupes armés et les réseaux criminels, tout en aggravant les violences et les déplacements forcés.

Quels groupes ou acteurs sont directement responsables des violations des droits humains évoquées ?

Les violations sont imputées à la fois à l’armée birmane et à l’Armée d’Arakan, notamment dans l’État de Rakhine, où les Rohingyas subissent des arrestations arbitraires, des tortures, des violences sexuelles et des saisies de terres. Le Haut-Commissaire souligne également le rôle des groupes criminels organisant les trafics et les escroqueries, ainsi que les forces de sécurité impliquées dans les frappes aériennes et les exactions.

Pourquoi les frappes aériennes ciblent-elles aussi fréquemment des édifices religieux et des infrastructures civiles ?

L’armée birmane recourt massivement aux frappes aériennes depuis le coup d’État, faisant des civils les premières victimes. Plus de 600 de ces attaques ont visé des édifices religieux, des écoles et des hôpitaux, illustrant une stratégie militaire qui ne distingue pas entre cibles légitimes et populations. Cette escalade aggrave la crise humanitaire et pousse des milliers de personnes à fuir vers les pays voisins.

Quel est le bilan humain de la crise actuelle au Myanmar, et comment évolue-t-il ?

Les sources fiables rapportent plus de 1 200 morts civils sur la période couverte par le dernier rapport, mais le chiffre réel pourrait dépasser 3 000. Depuis début 2024, plus de 154 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, s’ajoutant à près d’un million de réfugiés déjà présents, en raison de l’insécurité persistante et des violences ciblant les minorités.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise risque de s’enliser dans une impasse durable, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires en cascade pour toute la région du Mékong. Les appels à saisir la Cour pénale internationale et à suspendre les transferts d’armes pourraient, s’ils sont suivis, modifier l’équilibre des forces sur le terrain, mais la complexité des alliances locales et internationales rend toute solution immédiate improbable. La dégradation environnementale, liée à l’exploitation minière illégale, menace également la stabilité à long terme des écosystèmes transfrontaliers, aggravant les risques sanitaires et alimentaires pour des millions de personnes.

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