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GÉNÉRALISTE

Permettre aux voix citoyennes de s’exprimer offre un antidote à la centralisation

Source unique·il y a 10 j

À l’aube d’une campagne électorale où les régions pourraient peser dans l’équilibre des forces politiques, un collectif d’experts et d’anciens responsables régionaux alerte sur les dangers d’une centralisation croissante des décisions par l’État québécois. Leur proposition, fondée sur une analyse historique et institutionnelle, vise à restaurer la souveraineté des territoires en leur restituant une voix politique autonome, transformant ainsi le modèle de gouvernance actuel.

Quels mécanismes institutionnels ont été supprimés ou affaiblis par la centralisation au Québec depuis les dernières décennies ?

Les auteurs citent la disparition des Conseils régionaux de la Santé et des services sociaux, la réforme des commissions scolaires remplacées par des centres de services scolaires nommés par la ministre, ainsi que la dissolution en 2015 des centres locaux de développement (CLD) et des Conférences régionales des élus (CRÉ), qui jouaient un rôle clé dans la mobilisation des acteurs locaux et la coordination des politiques territoriales.

Quelle est la proposition centrale des auteurs pour contrer la centralisation et redonner du pouvoir aux régions ?

Ils suggèrent la création d’instances régionales élues au suffrage universel pour piloter les grandes missions de l’État (éducation, santé, environnement, etc.), en lieu et place des structures actuelles nommées par le gouvernement. Ces assemblées régionales, présidées par des préfets élus, intégreraient aussi les pôles régionaux de l’économie sociale comme partenaires incontournables, avec un budget dédié pour une expertise autonome.

Pourquoi les auteurs estiment-ils que la centralisation affaiblit le Québec, malgré ses intentions initiales ?

Selon eux, la centralisation impose une solution unique inadaptée aux réalités locales, alourdit la prise de décision et ignore les solutions émanant des milieux. Elle cultive la méfiance et le cynisme en privant les citoyens de leur capacité d’agir, alors que le développement territorial devrait émerger de la concertation et de l’innovation locales, comme le démontrent des outils historiques québécois (Caisse de dépôt, CPE, etc.).

Quels exemples historiques québécois les auteurs mobilisent-ils pour étayer leur argumentaire en faveur d’une souveraineté partagée entre l’État et les régions ?

Ils évoquent des innovations québécoises comme la Caisse de dépôt, les centres de la petite enfance, les fonds de travailleurs fiscalisés ou encore l’économie sociale, qui illustrent une tradition de gouvernance ancrée dans la souveraineté populaire. Ils citent aussi des figures comme Jean-Paul L’Allier ou François Gendron, ainsi que des lois comme celle de 1997 créant les CRD et CLD, pour montrer que le Québec a déjà expérimenté des modèles de développement territorial décentralisés.

Ce que ça pourrait changer

Si cette proposition était adoptée, elle pourrait marquer un tournant dans la gouvernance québécoise en instaurant un système plus flexible et réactif, où les politiques publiques s’adapteraient aux spécificités régionales. Cependant, son succès dépendrait de la volonté politique de déléguer réellement des pouvoirs et des budgets, ainsi que de la capacité des assemblées régionales à éviter les logiques de clientélisme ou de fragmentation territoriale. Le risque serait aussi de créer des inégalités accrues entre régions si les mécanismes de solidarité nationale n’étaient pas renforcés en parallèle.

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