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GÉOPOLITIQUE

En néerlandais, ne parlez plus des “lèvres de la honte”

Source unique·il y a 24 j

L’entrée du terme vulvalippen (« lèvres de la vulve ») dans le Dikke Van Dale, dictionnaire de référence du néerlandais, marque une victoire symbolique pour les mouvements féministes néerlandais. Cette évolution lexicale, portée par des collectifs comme Schaamteloos et Dolle Mina’s, interroge moins la pertinence du changement lui-même que son ancrage dans une stratégie plus large de déstigmatisation des corps et des sexualités, où le langage devient un levier politique.

Pourquoi le terme schaamlippen (« lèvres de la honte ») était-il contesté par les féministes néerlandaises ?

Schaamlippen associe la vulve à une notion de honte, ce qui, selon les collectifs mobilisés, renforce une stigmatisation précoce des parties génitales dès l’enfance. La campagne visait donc à remplacer ce mot par un terme neutre, vulvalippen, pour normaliser la perception de ces organes et éviter que leur mention n’évoque une forme de tabou ou de gêne.

Quels acteurs ont porté cette campagne et comment s’est-elle organisée ?

La sexologue Ellen Laan a initié le combat il y a plusieurs années, avant que la plateforme Schaamteloos (« sans honte »), l’artiste Esther van der Valk et le mouvement féministe Dolle Mina’s ne relancent la mobilisation en 2024. Leur stratégie a combiné des œuvres artistiques représentant des vulves, des affiches dans les abribus et des lettres envoyées aux médecins, dans le but d’influencer à la fois le grand public et les professionnels de santé.

Quel rôle a joué le Dikke Van Dale dans cette évolution lexicale ?

Le Dikke Van Dale, dictionnaire officiel de la langue néerlandaise, a validé l’ajout du terme vulvalippen à sa prochaine édition, répondant ainsi à une demande portée par des collectifs féministes. Cette reconnaissance institutionnelle donne une légitimité formelle à ce changement de vocabulaire, tout en reflétant une évolution sociétale plus large.

Ce que ça pourrait changer

Cette modification lexicale pourrait accélérer une normalisation des discours sur le corps et la sexualité, notamment auprès des jeunes générations. Elle soulève aussi des questions sur l’influence des mouvements féministes dans l’évolution des normes linguistiques, où le langage devient un outil de transformation sociale. Enfin, elle pourrait inspirer des initiatives similaires dans d’autres langues, où des termes anatomiques restent chargés de connotations négatives.

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