Marathon de Montréal : la musique peut-elle améliorer votre performance?
Alors que des dizaines de milliers de coureurs s’apprêtent à défier les 42,2 km du Marathon de Montréal ce week-end, une question revient chaque année : la musique peut-elle devenir un allié stratégique pour améliorer leurs performances ? Entre réduction de la perception de la fatigue et optimisation de l’endurance, les travaux de chercheurs en psychologie du sport révèlent des mécanismes psychophysiologiques complexes, mais dont l’efficacité dépend étroitement du profil de l’athlète et de la gestion de son énergie.
Quels sont les mécanismes scientifiques qui expliquent l’impact de la musique sur la performance sportive ?
La musique agit en créant une concurrence entre les signaux de plaisir et de douleur dans le cerveau, réduisant ainsi la perception de l’effort et de la fatigue. Des études, comme celles du Dr Costas Karageorghis, montrent qu’elle peut améliorer l’endurance de 15 % en favorisant un état émotionnel plus positif et en optimisant l’efficacité physiologique, notamment pour les efforts sous-maximaux. Elle joue également sur la synchronicité entre le tempo musical et la cadence de course, permettant une économie d’énergie si le choix est adapté.
Tous les types de musique ou de rythmes sont-ils aussi efficaces pour les coureurs ?
Non. L’effet bénéfique dépend du niveau d’activation recherché par le coureur. Une musique lente favorise la relaxation, tandis qu’un tempo rapide stimule l’éveil corporel. Geneviève Cardella-Rinfret recommande d’adapter la playlist en fonction des phases de la course : commencer par des morceaux calmes, puis augmenter progressivement le tempo pour éviter un épuisement prématuré. Les musiques trop complexes en fin d’effort peuvent, au contraire, surcharger cognitivement un cerveau déjà fatigué.
Pourquoi les effets de la musique sont-ils moins marqués chez les athlètes de haut niveau ?
Les bénéfices de la musique se limitent aux efforts sous-maximaux, c’est-à-dire ceux réalisés à une intensité inférieure à la consommation maximale d’oxygène (VO₂ Max). Pour les sports explosifs comme le sprint ou les marathoniens de niveau élite, l’effort est souvent proche du maximum, ce qui réduit l’impact de la musique comme outil de distraction ou de motivation. La gestion de l’énergie y est alors plus cruciale que la stimulation psychologique.
Ce que ça pourrait changer
L’engouement pour les playlists personnalisées lors des marathons pourrait transformer la préparation mentale des coureurs en un outil presque aussi stratégique que l’entraînement physique. À l’ère où la data et les neurosciences s’invitent dans le sport amateur, cette pratique interroge aussi sur les limites entre optimisation individuelle et standardisation des méthodes, notamment pour les épreuves d’endurance où l’économie d’énergie prime sur l’intensité brute.

