Les banques doivent rembourser davantage les fraudés, juge une majorité de Canadiens
Une majorité écrasante de Canadiens réclame une refonte des responsabilités en matière de fraude bancaire, pointant du doigt l’insuffisance des mécanismes actuels de protection des victimes. Ce sondage, révélateur d’un malaise persistant, interroge la répartition des rôles entre établissements financiers, plateformes numériques et législateurs, dans un contexte où les techniques de fraude gagnent en sophistication. L’enjeu dépasse la simple indemnisation : il questionne la capacité des institutions à s’adapter à un risque systémique en pleine mutation.
Quel est le niveau d’adhésion des Canadiens à l’idée d’une responsabilité accrue des banques en cas de fraude bancaire ?
Une très large majorité des Canadiens (87 %) estime que les banques devraient rembourser les victimes de fraude bancaire, sauf en cas de négligence grave de leur part. Au Québec, cette proportion atteint 88 %, reflétant une adhésion quasi unanime à l’idée que les établissements financiers jouent un rôle central dans la prévention et la réparation des préjudices subis.
Quels acteurs sont pointés du doigt par les répondants comme devant assumer une part de responsabilité dans les fraudes ?
Les plateformes numériques, notamment celles diffusant des publicités frauduleuses, sont considérées comme des acteurs clés à responsabiliser. Ainsi, 89 % des Canadiens estiment que ces plateformes devraient rembourser les victimes d’arnaques propagées via leurs canaux, soulignant leur rôle dans la propagation de fraudes sophistiquées, comme celles exploitant l’intelligence artificielle ou l’usurpation d’identités.
Comment les Canadiens perçoivent-ils l’efficacité des lois actuelles en matière de protection contre la fraude bancaire ?
Une majorité de répondants (73 %) juge que les lois canadiennes ne protègent pas suffisamment les victimes de fraude. Cette perception s’accompagne d’une demande claire pour un renforcement de l’encadrement législatif, perçu comme un levier indispensable pour lutter contre une « épidémie » de fraudes, selon les termes de l’analyste Alexandre Plourde.
Existe-t-il des divergences générationnelles dans la perception du risque de fraude bancaire au Canada ?
Oui, les jeunes adultes de 18 à 34 ans se distinguent par une moindre inquiétude face à la fraude bancaire : 67 % d’entre eux estiment que ce risque les concerne personnellement, contre 79 % des 55 ans et plus. De même, leur soutien à la responsabilisation des banques (79 %) est inférieur à celui des seniors (91 %), suggérant une confiance plus marquée dans leur capacité à éviter les pièges ou une sous-estimation des risques liés aux nouvelles technologies.
Ce que ça pourrait changer
Cette pression citoyenne pourrait accélérer l’adoption de mesures législatives plus strictes, inspirées de modèles étrangers comme celui du Royaume-Uni, où les banques sont tenues de rembourser les victimes de fraudes par paiement autorisé. À plus long terme, une telle évolution pourrait redéfinir les équilibres de responsabilité dans le secteur financier, tout en imposant aux institutions une gestion proactive des risques numériques. Reste à voir si cette volonté collective se traduira par des actions concrètes, notamment face à la complexité croissante des fraudes.

