Anniken Grønstad, professeure de gestion interrogée sur le télétravail : "ce n'est pas parce qu'il est plus simple de résoudre les problèmes en présentiel qu'il s'agit de la meilleure façon de faire"
Le télétravail, souvent présenté comme une solution pragmatique aux défis organisationnels, se heurte à une vision managériale traditionnelle qui privilégie le présentiel. Anniken Grønstad, professeure de gestion, interroge cette doxa en soulignant que la facilité apparente des interactions en face-à-face ne garantit pas leur pertinence. Son analyse invite à repenser les modalités de résolution de problèmes, au-delà des habitudes ancrées dans les pratiques professionnelles.
Quelle critique Anniken Grønstad adresse-t-elle à l'idée que le présentiel serait la meilleure façon de résoudre les problèmes ?
Elle remet en cause l'assimilation entre simplicité et efficacité, soulignant que la résolution de problèmes en présentiel n'est pas nécessairement la meilleure approche, même si elle semble plus immédiate. Son argument repose sur une remise en question des présupposés managériaux qui confondent facilité opérationnelle et qualité des solutions.
Quel est l'angle disciplinaire de cette analyse sur le télétravail ?
Grønstad aborde le télétravail à travers le prisme de la gestion, en questionnant les modèles organisationnels et les biais cognitifs des managers. Son approche relève d'une analyse des processus décisionnels et des dynamiques de travail, plutôt que d'une simple comparaison entre deux modes d'organisation.
Pourquoi son propos dépasse-t-il une simple opposition entre présentiel et distanciel ?
Son analyse ne se limite pas à une comparaison technique entre deux modalités de travail, mais interroge les fondements mêmes des pratiques managériales. Elle invite à évaluer la pertinence des méthodes en fonction de leur efficacité réelle, et non de leur confort perçu, ce qui implique une réflexion sur l'adaptation des organisations aux nouvelles réalités du travail.
Ce que ça pourrait changer
Cette remise en question des dogmes managériaux pourrait accélérer l'adoption de modèles hybrides plus flexibles, où la qualité des solutions primerait sur la simplicité des interactions. Elle souligne aussi l'importance de former les managers à une évaluation critique des méthodes de travail, au-delà des habitudes héritées du passé. Enfin, cela pourrait renforcer la légitimité des approches innovantes en matière d'organisation, même si elles bousculent les normes établies.

