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ÉCONOMIE

En Dordogne, des bergers sans terre rendent des services écologiques, mais cherchent leur modèle économique

Source unique·5 oct.

En Dordogne, des bergers itinérants exploitent des troupeaux sans posséder de terres, offrant des services écologiques majeurs comme la prévention des incendies ou la gestion des friches. Pourtant, leur modèle économique reste fragile, faute de rémunération à la hauteur de ces externalités positives, révélant les limites d’un système agricole encore ancré dans une logique de surface exploitée plutôt que d’impact environnemental.

Comment les bergers itinérants en Dordogne parviennent-ils à maintenir leurs troupeaux malgré l’absence de terres agricoles ?

Ils s’appuient sur des accords avec des propriétaires fonciers via des associations pastorales, qui leur mettent gratuitement à disposition des espaces non exploités comme des bois, anciennes vignes ou truffières. Leur troupeau de 400 brebis (pour Christelle Regnier) ou 300 brebis (pour Thérèse Kohler) pâture ainsi sur 1 200 hectares en Dordogne, sans recourir à des fourrages coûteux en période de sécheresse.

Quels services écologiques spécifiques rendent ces bergers itinérants, et comment sont-ils valorisés économiquement ?

Leur activité limite les risques d’incendie en réduisant la végétation inflammable, broute des plantes invasives comme l’ambroisie, et évite l’usage de pesticides en désherbant mécaniquement. Cependant, ces services sont peu rémunérés : Christelle Regnier touche environ 5 000 euros par an pour le pâturage sur des terres labellisées Natura 2000, mais les aides européennes et les mécanismes de marché ne reflètent pas leur valeur écologique.

Pourquoi le modèle économique des bergers itinérants est-il considéré comme fragile, malgré ses atouts environnementaux ?

Leur système repose sur une commercialisation en vente directe, limitée géographiquement, et des revenus modestes (16 000 à 20 000 euros de chiffre d’affaires annuel pour Thérèse Kohler). Les aides de la PAC, calculées sur la surface exploitée, les désavantagent, et leurs coûts de production (25 000 euros annuels, incluant gazole, assurances et cotisations) dépassent souvent leurs recettes, malgré un SMIC de revenus.

Ce que ça pourrait changer

La répétition des sécheresses et des incendies pourrait inciter les pouvoirs publics à mieux rémunérer les services écologiques rendus par le pastoralisme itinérant, notamment via des mécanismes de paiement pour services écosystémiques. À l’inverse, l’absence de réforme des aides agricoles risque de marginaliser davantage ces pratiques, pourtant cruciales dans un contexte de déprise agricole et de pression foncière.

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