Psychologie : cette étude montre que les personnes promues au poste de dirigeant ne sont pas forcément les plus performantes
La promotion des dirigeants dans les entreprises repose souvent sur des critères éloignés des compétences réelles nécessaires à leur fonction, comme le démontre une méta-analyse publiée en 2026. Cette étude révèle un décalage structurel entre les traits de personnalité valorisés pour accéder au pouvoir et ceux qui garantissent une performance effective, interrogeant les logiques de sélection des ressources humaines à l'échelle mondiale.
Quels traits de personnalité favorisent l'accession à un poste de direction selon l'étude ?
L'assertivité, définie comme la capacité à s'imposer dans les échanges et à s'affirmer, est le trait qui prédit le mieux l'accession à un poste de direction. Cependant, cette caractéristique n'a aucune corrélation significative avec l'efficacité réelle une fois en poste.
Quelles compétences sont associées à une meilleure performance des dirigeants ?
Les traits de personnalité liés à l'efficacité des dirigeants incluent la motivation à l'accomplissement, le sens de l'organisation, l'autodiscipline et l'optimisme. Ces qualités contrastent fortement avec l'assertivité, souvent survalorisée dans les processus de promotion.
Pourquoi les entreprises peinent-elles à identifier les bons profils pour les postes de direction ?
Les organisations privilégient fréquemment des critères de promotion basés sur la visibilité ou le charisme plutôt que sur des compétences techniques ou managériales avérées. Cette logique, souvent qualifiée de promotion-sanction, conduit à retirer les meilleurs éléments de leur domaine d'expertise pour les placer dans des fonctions inadaptées, comme illustré par l'exemple d'un chef de service informatique promu directeur des systèmes d'information.
Quel impact cette étude pourrait-elle avoir sur les pratiques de recrutement des entreprises ?
Les résultats de l'étude, publiée dans le Journal of Applied Psychology et distinguée comme Editor’s Choice, suggèrent que les entreprises devraient réévaluer leurs critères de sélection pour les postes de direction. L'objectif serait de privilégier des traits de personnalité directement liés à la performance plutôt que des comportements superficiels, afin de former des leaders plus efficaces et mieux adaptés à leurs fonctions.
Ce que ça pourrait changer
Cette étude pourrait inciter les services des ressources humaines à repenser leurs grilles d'évaluation et leurs processus de promotion, en intégrant des critères plus objectifs et alignés sur les besoins réels des postes. À plus grande échelle, elle interroge la culture managériale dominante, où la visibilité prime souvent sur la compétence, et pourrait accélérer une transition vers des modèles de leadership plus inclusifs et performants.

